Chasseur de chars (Sd.Kfz.138) (Sd.Kfz.139) Marder III (Martre) Ausf.M et H.




"" Sie hatten sich als Notbehelf betrachtet ""

Maquette Italeri au 1/35.     Référence n°210.





Historique : Les sept paragraphes page 1861 et page 1863, de l'Encyclopédie des Armes aux éditions Atlas, Paris, septembre 1989.

La revue Champs de Bataille Thématique n°4, hors-série d'avril 2008, pour les caractéristiques.





Réalisation maquette et photos par mon ami Eric Szmahaj, militaire de carrière.

La maquette Italeri est le SdKfz.139 Marder III Ausf H.




Historique : Les chars de combat les plus réussis sont le résultat d'un équilibre heureux entre les contraintes imposées par la puissance de feu, la protection et la mobilité. Toutefois, durant la Seconde Guerre mondiale, les belligérants durent se résoudre à sacrifier un des ces trois facteurs afin d'accroître le nombre de blindés produits.

L'apparition du chasseur de chars doit beaucoup aux conditions ayant prévalu au cours de la Seconde Guerre mondiale. Bien qu'ils fassent appel aux mêmes châssis, le chasseur de chars et le char de combat sont des véhicules blindés d'une nature différente.

Les chars de combat, combinant puissance de feu, mobilité et blindage, ont le plus souvent l'avantage sur le chasseur de chars, celui-ci ne pouvant se prévaloir que du calibre supérieur de son canon et de la surprise. En effet, le chasseur manquait de protection et son arme ne pouvait que faiblement modifier l'angle de tir en azimut sans déplacer l'ensemble du véhicule.

Il fut un temps où les théoriciens militaires ne pensaient pas que le char fut la meilleure arme pour combattre les autres chars, et qu'il valait mieux faire appel à des véhicules spécialisés. Les équipages des chasseurs de chars apprirent à leurs dépens que le meilleur "tueur" de chars n'était autre que le char de combat lui-même. Le chasseur de chars pouvait en effet être mis à contribution, mais au prix de pertes élevées en hommes.

En fait, les principales raisons qui ont contribué à la multiplication des chasseurs de chars durant la Seconde Guerre mondiale sont principalement économiques. Un char de combat est une machins complexe, coûteuse, mobilisant des ressources importantes. La tourelle pivotant sur 360° est, par exemple, une des caractéristiques qui complique grandement la production.

En outre, l'anneau de tourelle peut difficilement supporter le recul de canons autres que celui pour lequel il a été conçu. Ainsi, doter un char de combat d'un canon plus important entraîne obligatoirement de profondes modifications de la tourelle et de son anneau circulaire.

C'est pourquoi il est plus courant de créer un modèle de char totalement nouveau pour un canon plus lourd. Pendant ce temps, les chaînes de montage restent adaptées à la fabrication d'un blindé obsolète. L'utilisation du châssis de ce véhicule dépassé pour la fabrication d'un chasseur de chars représente une solution valable aux yeux des autorités miliaires.   

Des Marder III Ausf.M dans les Flandres en 1944.
Source : Champs de Bataille Thématique, numéro 4 (hors série) avril 2008.


On connaissait deux canons automoteurs sous la désignation de Marder III. Ils utilisaient tous deux le même châssis, qui était un dérivé de celui du char TNHP-S Skoda. Les premiers modèles étaient sortis des usines Skoda à Pilsen pour entrer en service dans l'armée tchèque, mais, après l’annexion de l'Etat tchécoslovaque par l'Allemagne en 1939, les usines Skoda continuèrent la production de chars sous la désignation de PzKpfw 38 (t) pour le compte de l'armée de terre allemande. Les Allemands apportèrent au modèle d'origine de nombreuses modifications en cours de fabrication et de service. On peut dire qu'après 1941 le PzKpfw 38 (t) était de conception allemande; mais la tourelle était trop petite pour recevoir des armes suffisamment puissantes pour la destruction des blindés ennemis après 1941. Cependant, on continua la fabrication du châssis qui servit à d'autres usages.
L'une de ces possibilités d'utilisation se fit jour en 1941. Lorsque des chars tel le T-34  soviétique firent leur apparition, l'armée de terre allemande n'avait pas de canons antichars capables de les détruire. Il fallut donc remédier à cet état de chose et faire vite en matière d'improvisations. On installa sur le châssis du PzKpfw 38 (t) un canon de campagne capturé aux Soviétiques, le Modèle 1936 de 76,2 mm. C'était une bonne arme mixte qui pouvait facilement servir comme canon antichar, et les Allemands allèrent jusqu'à en convertir certaints spévcialement pour ce rôle. Sur le PzKpfw 38 (t), le canon était monté sur un bouclier fixe, et la fabrication de cette conversion commença au début de 1942. Ainsi naquit le Marder III, connu aussi sous le nom de Panzerjäger 38 (t) für 7,62 mm Pak 36 (r). On construisit trois cent quarante-quatre véhicules de ce modèle.     

SdKfz 139 Marder III Ausf.H en action dans le désert (Musée de chars de Bovington).
Source : La revue Airfix Magazine, volume 3, numéro 8 de novembre 1991.

Dès les débuts de la guerre à l'Est, les Allemands éprouvèrent la désagréable surprise de se heurter à un nombre considérable de chars, dont le meilleur spécimen, apparu dès juin 1941, était le T-34, plus souple et plus maniable que l'énorme KV-1. Pesant 30 t, doté d'un moteur diesel, fortement protégé, le T-34 disposait d'un excellent canon de 76. Sans cesse perfectionné, armé à partir de 1943 d'un canon de 85, il resta en service pendant toute la guerre et fut fabriqué à près de 40 000 exemplaires. On voit ici plusieurs de ces chars embourbés dans les marais du Drout, en Biélorussie, et abandonnés par leurs équipages, que les Allemands avaient découverts pendant l'offensive de l'été 1941 (Photo Jourdes-Edimages).
Source : La Seconde Guerre mondiale de A à Z aux éditions Larousse 1983.

Plan trois vues en couleur sur le SdKfz.139 Marder III Ausf.H
Source : Les blindés de la Seconde Guerre mondiale aux éditions Atlas 1977.


Le Marder III reçut le baptême du feu non seulement sur le front de l'Est, mais aussi en Afrique du Nord et ailleurs. Il ne faut toutefois oublier qu'à l'époque ce véhicule hybride ne servait que de bouche-trou en attendant l'arrivée en grand nombre des Pak de 75 mm allemands. En 1942, la production du Marder III à canon russe cessa au profit de celle de la version à canon allemand. Cette combinaison châssis/canon conserva son appellation de Marder III, mais prit la désignation officielle de Panzerjäger 38 (t) Ausf.H  7,5-cm Pak 40/3. Le bouclier et l'affût du canon furent légèrement modifiés. Les premiers Marder III à Pak 40 furent hâtivement lancés dans les premières phases de la campagne tunisienne où certains furent capturés pour le plus grand plaisir des services de renseignements alliés qui ne purent s'énorgueillir longtemps de leur "découverte", puisque le Marder III allait connaître une nouvelle transformation.
Jusqu'en 1943, les différents canons automoteurs allemands à châssis Skoda se servaient du PzKpfw 38 (t) pour base. Cependant, après les premières conversions (y compris le Marder III d'origine), on s'aperçut que les véhicules avaient tendance à piquer du nez et souffraient d'un problème de mobilité. Tout en gardant la base tchèque d'origine, les ingénieurs allemands déplacèrent le moteur sur l'avant de la caisse et la plate-forme du canon sur l'arrière pour produire un canon automoteur spécialisé. 

Les derniers Marder III virent leurs canons déplacés sur l'arrière du châssis et leur moteur sur l'avant. Ce changement créa un véhicule beaucoup plus équilibré et plus maniable. presque huit cents engins furent produits en utilisant toujours les composants du PzKfw 38 (t).

Ce Marder III fut capturé en Afrique du Nord en avril 1943. Il disposait d'un Pak 40/3 de 75 mm en position centrale. C'était une conversion simple du châssis de char tchèque, qui se révéla très capable.
Source des deux photos : La revue l'Encyclopédie des Armes, volume 8, aux éditions Atlas 1989.


"" Caractéristiques du Panzerjäger Ausf.M ""

Fabricant : BMM.
Exemplaires construits : 975.
Année de production : Avril 1943 - mai 1944.
Équipage : 4 hommes.
Masse en ordre de combat : 10,5 tonnes.
Dimensions :Longueur de la caisse, 4,95 m; largeur, 2,15 m; hauteur, 2,48 m.
Equipement radio : FuG Spr d.
Armement principal : 1 x 7,5 cm Pak 40/3 L/46.
Munitions : Pzgr.39 (APCBC), Pzgr.40 (APCR), Gr.38 HI/B, Gr.38 HI/C. (HEAT), HE.
Approvisionnement : 27 obus de 7,5 cm.
Optiques de visée : ZF3 x 8.
Pointage en site : - 5° à 13°.
Pointage en azimut : 21° à gauche, 21° à droite.
Armement secondaire : 1 x MG34 entreposée dans le compartiment de combat, approvisionnée avec 1 200 cartouches.
Moteur : Praga AC 6 cylindres en ligne refroidi par eau, 7,8 litres de cylindrée, à essence.
Puissance : 150 cv à 2 600 tours/minute.
Capacité d'emport en carburant : 218 litres (essence).
Consommation sur route/tout-terrain : 114 litres/??? pour 100 km.
Boîte de vitesse : Praga - Wilson, 5 en marche avant, 1 en marche arrière.
Puissance massique : cv par tonne.
Vitesse : Maximale sur route, 42 km/h; tout-terrain, 24 km/h.
Capacité de franchissement : Gué 0,90 m; obstacle 0,84 m; coupure 2,08 m; pente 29°.
Diamètre de virage : 4,5 m.
Chenilles : 90 maillons par chenilles, largeur, 29,3 cm; contact au sol, 2,92 m.
Pression au sol : 0,- kg/cm².
Suspension : Boggies.

SdKfz 139 Marder III montrant les détails intérieurs. Notez les sièges, un à gauche avec le dossier en place (Bovington Tank Museum).

SdKfz 139 Marder III montrant les détails du canon et du bouclier antichar russes de 7,62 mm ( Bovington Tank Museum ).
Source des deux photos : La revue Airfix Magazine, volume 3, numéro 8 de novembre 1991.

SdKfz 139 Marder III, le premier Panzerjäger 38 (t) est consitué par le canon antichar russe Pak 36(r) de 76,2 mm sur châssis de PzKpfw 38 (t).
Source : La revue Connaissance de l'Histoire n°5 d'août/septembre 1978.


"" La maquette Italeri au 1/35 du Ausf.H ""   







Eric / Jean - Marie


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