Douglas D-558-2 "Skyrocket".






"" Scott Crossfield, Mr. Mach 2.005 ""

Maquette Revell au 1/54.  Référence : H213 - 79.






Historique : La notice Revell sur la maquette, je remercie Jean - Henri pour la traduction.
La revue l'Encyclopédie de l'Aviation n°77 aux éditions Atlas s.a. 1983.
Le livre Fusées et Astronautique aux éditions Larousse 1964.




Réalisation maquette et photos par votre serviteur. 









Historique : Le D-558-2 "Skyrocket" de la compagnie Douglas Aircraft, détenteur du record de vitesse la plus élévée jamais atteinte par n'importe quel pilote militaire dans le monde, a été développé à partir du projet de recherche Douglas "Skystreak" lancé le jour du "Victory of Japan Day", 1945.
Après la construction originale d'avion transonique à aile droite est venue l'idée d'expérimenter l'utilisation des ailes en flèche et compléter le moteur à réaction avec un moteur fusée. C'est devenu le Douglas "Skyrocket" qui battit tous les records existants le 2 septembre 1953 quand le lieutenant Colonel Marion E. Carl du Corps des Marines a sillonné l'espace à 1 839 km/h. Cet incroyable exploit a été dépassé moins de trois mois plus tard le 20 novembre par Scott Crossfield pilote du N.A.C.A., qui atteignit ce jour-là les 2 135 km/h. Bill Bridgeman, pilote d'essai Douglas avait atteint 1991 km/h dans cet avion révolutionnaire.
Bien qu'équipé d'un tuboréacteur le rendant capable de décoller, voler et atterrir en toute autonomie le "Skyrocket" du lieutenant Colonel Carl a été largué du ventre d'un B-29 à une altitude de 32 000 pieds (9 753 m) au-dessus du désert de Mojave en Californie. Il a allumé le moteur fusée et a établi son record à 46 000 pieds (14 000 m); deux semaines pus tôt il avait atteint un nouveau record mondial d'altitude à 83 235 pieds (25 370 m) à bord de ce même avion.
Mandaté par la Marine américaine et le N.A.C.A., le Skyrocket" est construit à l'usine Douglas d'El Segundo en Californie. Il emporte 250 gallons (946 L.) de carburant pour son turboréacteur J-34 (24 c) Westinghouse en complément du carburant spécial alimentant le moteur-fusée. Une tonne et demie de carburant fusée sont brûlés pendant les quelques minutes de fonctionnement du moteur-fusée. Le revêtement du fuselage est en alliage de magnésium; l'aile et l'empennage arrière sont en grande partie en alliage d'aluminium 755. Les bords d'attaque Handley Page avec fentes automatiques pallient au manque de portance à faible vitesse caractéristique des ailes en flèche. Le carburant et le train d'atterrissage sont logés dans le fuselage et les aérofreins contrôlant la traînée et la vitesse sont sur la partie arrière du fuselage. La cabine pressurisée, équipée d'un système de chauffage et refroidissement, est située à l'avant de l'appareil; elle peut être entièrement éjectée de l'avion pour une évacuation rapide.
D'abord peint dans la couleur standard rouge vif qui identifie les avions expérimentaux, le "Skyrocket" reçoit par la suite une livrée haute visibilité entièrement blanche à la demande du N.A.C.A.  


Ressemblant à un obus doté de petites ailes, le Douglad D-558 "Skyrocket" volait à d'extraordinaires vitesses. Peint entièrement en blanc, cet appareil faisait partie d'une lignée d'avions expérimentaux réalisés au lendemain de la Seconde Guerre mondiale afin d'explorer le domaine du vol supersonique et les effets qu'il pourrait produire sur les voilures en flèche. Utilisant son moteur-fusée, le "Skyrocket" pouvait prendre l'air depuis le sol. Dans ce domaine, il se révélait nettement en avance sur le Bell X-1, qui ne pouvait qu'être largué en vol. Le "Skyrocket' battit de nombreux records.
Source : Avions du Monde aux éditions Aerospace Publishing Limited 1995. 

Le Douglas D-558-1 "Skystreak : cet avion d'essai de l'armée américaine a établi deux records mondiaux de vitesse aérienne consécutifs en 1947, la vitesse maximale enregistrée étant de 650.7 milles à l'heure.
Source: La revue Koku Fan "Yesteryear Series n°7" d'octobre 1983.

La firme Douglas a fait voler, le 4 février 1948, le premier de trois exemplaires du D-558-2 "Skyrocket", destiné à explorer le comportement d'un avion muni d'ailes en forte flèche, une technique héritée d'études allemandes de la guerre. Cet appareil, pourvu d'un réacteur Westinghouse J30-WE-22 de 1 360 kgp et d'une fusée à liquide Reaction Motors XLR-8 de 2 720 kgp, a atteint l'altitude de 25 370 m le 31 août 1953, puis, le 20 novembre suivant, il a été le premier appareil au monde à voler à plus de Mach 2. Les premiers essais en vol ont consisté en des largages à partir d'un Boeing P2B-2S "Superfortress"; par la suite, les décollages du sol étaient effectués à l'aide de fusées d’assistance à poudre, en raison de la masse élevée de l'appareil (7 t).
Source : Avions de légende par Pierre Gaillard aux éditions Flammarion, Paris 2002.
Le pilote d'essais américain William Bill Bridgeman devant son avion "Skyrocket" (Photo Douglas Compagny).
Source: Histoire de l'Aviation par René Chambe aux éditions Flammarion 1972.


C'est en vue de parvenir à une amélioration des capacités du D-558-1 "Skystreak" que la firme Douglas envisagea la réalisation d'une machine volante équipée d'un turboréacteur de moindre dimensions et dotée d'un moteur-fusée. Cependant, et avant même que ce programme ne fût mené à terme, le bureau d'études du constructeur dirigé par Heinemann, s'intéressant à la technologie des voilures en flèche, mis au point le Douglas D-558-2 "Skyrocket".
Conservant la section de nez largable du "Skystreak", le nouvel appareil disposait d'un fuselage au diamètre agrandi, capable de recevoir un turboréacteur et un moteur-fusée, le train d'atterrissage étant tricycle. Implantées à mi-fuselage, les ailes du "Skyrocket" présentaient une flèche de 35°, les empennages ayant une configuration identique. A la suite d'une évaluation menée cojointement par l'US Navy et la N.A.C.A., trois exemplaires de l'avion furent assemblés, le premier d'entre eux prenant l'air le 4 février 1948.
Au cours des essais qui suivirent, plus exactement en août 1951, le "Skyrocket", largué à partir d'un Boeing P2B-1S, atteignit, avec son seul moteur-fusée, la vitesse de 1 992 km/h. Quelques jours plus tard, la même machine dépassa l'altitude de 24 230 m, parvenant, le 31 août 1953, à voler au-dessus de 25 370 m. Puis, le 20 novembre suivant, le D-558-2 devint le premier appareil piloté à évalué à plus de Mach 2.
Sur son seul turboréacteur et à l'altitude de 6 095 m, cet appareil affichait une vitesse maximale de 940 km/h et à 20 575 m il volait à environ 2 010 km/h. Son poids maximal au décollage, avec la poussée du seul réacteur, était de 4 795 kg.

"" Dérivé le D-558-3 ""
Désignation attribuée à un projet d'appareil hypersonique mis au point par l'aérodynamicien Kermit E. Van Every, comportant un aile droite de faible épaisseur et un moteur-fusée; la vitesse estimée du D-558-3 était de Mach 9 (9 735 km/h), son plafond absolu se situant à 228 km environ; cet ambitieux projet fut abandonné en faveur du North American X-15. 

N'offrant pas au pilote une visibilité suffisante, la verrière d'origine du Douglas D-558-2 "Skyrocket"  fut remplacée par une autre, mieux adaptée. En raison de son poids élevé et de sa faible surface alaire, cet appareil affichait des performances insuffisantes au décollage, obligeant les techniciens à l'équiper de fusées d'appoint "J.a.t.o.".
Source: Histoire de l'Aviation par René Chambe aux éditions Flammarion 1972.


"" Caractéristiques du D-558-2 "" 
Type : Appareil de recherche à voilure en flèche (Etats-Unis).
Moteurs : 1 turboréacteur Westinghouse J34-WE-22 de 1 360 kgp et 1 moteur-fusée Reactions Motors XLR-8 de 2 720 kgp.
Performances : Vitesse maximale avec le seul turboréacteur, à 6 095 m, 940 km/h et le moteur-fusée, à 12 190 m, 1 159 km/h; vitesse maximale avec le seul moteur-fusée, à 20 575 m, 2 012 km/h.
Poids : Maximal au décollage turboréacteur fonctionnant, 4 795 kg; maximal au décollage avec turboréacteur et moteur-fusée 6 925 kg; maximal au décollage avec moteur-fusée seul, 7 170 kg.
Dimensions : Envergure, 7,62 m; longueur, 13,79 m; hauteur, 3,51 m; surface alaire, 16,26 m².

"" La recherche de la vitesse ""


Albert Scott Crossfield
2 216 km/h, le 21 novembre 1953. 
Lorsque le second conflit mondial prit fin, la technique aéronautique, disposant de nouveaux systèmes de propulsion avec le réacteur et la fusée, se trouve confrontée avec des problèmes aérodynamiques inédits, nés de l'approche de la vitesse du son.
Ces problèmes, on connait déjà leur existence, car plusieurs pilotes les ont abordés, se trouvant, dans un combat, engagés dans des piqués à mort à des vitesses incontrôlables. Peut-être quelques-uns ont-ils effectivement franchi, à leur corps défendant, le fameux "mur du son", mais aucun n'est revenu pour conter son expérience.
Il ne fait pas de doute, à ce moment, que l'aviation tend vers des vitesses supersoniques; il importe donc d'aller explorer de plus près cette barrière apparemment infranchissable. C'est du moins ce que décide le Congrès américain, en confiant au National Advisory Committee for Aeronautics (précurseur de l'actuelle N.A.S.A.) et aux militaires le soin de réaliser en commun deux types d'avions expérimentaux pour l'exploration des régions transsoniques, c'est-à-dire immédiatement au-dessus et au-dessous de Mach 1.
Les deux appareils retenus sont complémentaires : l'un le Douglas D-558-1 "Skystreak", devant, grâce à un réacteur, effectuer des vols d'une certaine durée autour de Mach 0,9, l'autre' le Bell X-1, devant, grâce à une fusée, pousser au-delà de la vitesse du son.
Pour le X-1, est conçu et mis au point un nouveau groupe, le Reaction Motors XLR-11-RM-5, composé de quatre chambres de 680 kg de poussée unitaire, pouvant être mis à feu isolément ou simultanément. Du fait de la faible durée de fonctionnement de ce système de propulsion, le Bell X-1 est lancé de la soute d'un bombardier B-29.  

Charles Yeager (à gauche sur la photo)
devant le Bell X-1, baptisé "Glamorous
Glennis",
en hommage à sa femme.
Dans le courant de 1946, le premier X-1 est soumis à des essais en plané, puis, l'année suivante, il réalise ses premiers vols propulsés à la base de Muroc, aujourd'hui Edwards, pour entrer définitivement dans l'histoire le 14 octobre 1947, en devenant aux mains du capitaine Charles E. Yeager, le premier avion supersonique. Il atteint Mach 1,06, soit 1 126 km/h à 13 000 m d'altitude. Il devait être poussé plus tard à Mach 1,45 et à 22 000 m.
L'étape suivante fut menée à bien avec le Douglas D-558-2 "Skyrocket", conçu pour étudier le comportement des avions à voilure en flèche aux vitesses transsoniques et supersoniques.

Le Douglas D-558-1 "Skystreak" à ailes droites
La forme du Bell X-1 a été calquée sur celle d'une balle de fusil.
Source des deux photos: Les avions (1001 photos) aux éditions Solar 2006.
De 1950 à 1956, des pilotes d'essais courageux, notamment William Bill et Scott Crossfield, effectuèrent des vols motorisés, poussant le D-558-2 à la limite de son domaine de vol. Le "Skyrocket" fut le premier avion à voler deux fois la vitesse du son : le 21 novembre 1953, Crossfield atteignit Mach 2,005 soit 2 080 km/h.
Source: Wings of our Navy par C. B. Colby, aux éditions Murray Printing Compagny 1952.



Cet avion a volé avec plusieurs systèmes propulsifs différents : tout d'abord avec un réacteur seul (avec parfois des "J.a.t.o". d'appoint au décollage), puis, en second lieu, avec une combinaison réacteur-fusée et, enfin avec moteur-fusée seul. Décollant par ses propres moyens dans les deux premiers cas, il était aéroporté dans sa troisième configuration. Son moteur était alors un Reaction Moteur XLR-8 biliquide de 2 720 kg de poussée et d'une durée de fonctionnement appréciable, le réacteur étant remplacé par des réservoirs.
Ayant volé pour la première fois en février 1948, le "Skyrocket", en août 1951, atteignit Mach 1,7 (1 840 km/h) à 20 800 m et, une semaine plus tard, Mach 1,875 (1 992 km/h) à plus de 24 000 m d'altitude.
Le 21 novembre 1953, enfin, piloté par Scott Crossfield, futur pilote du X-15, le D-558-2 parvenait à Mach 2,005, devenant le premier avion bisonique piloté. 


Un avion digne de l' "Etoffe des héros", le Douglas D-558-2 "Skyrocket" qui fut le premier avion à dépasser Mach 2 grâce à son turboréacteur Westinghouse de 1 360 kgp et son moteur-fusée Reaction Motors XLR-8 de 2 720 kgp (21 novembre 1953).
Source: La revue Les cahiers du Maquettisme n°2 de juin 1986.

Dernier de la série des avions "X" américains, le North American X-15 sera-t-il le premier et fugitif satellite habité ? Scott Crossfield, que l'on voit devant l'aile de l'appareil, sera-t-il, ainsi, le premier homme de l'espace ? De De toute façon, les essais prochains du bolide US apporteront une foule d'enseignements nouveaux sur l'étendue du rôle de l'homme dans ces folles aventures de l'espace.
Source: La revue Aviation Magazine n°266 de janvier 1959.


"" La mort d'un homme d'exception "" 
Source : Le site : fr.wikipedia.org/wiki/albert_Scott_Crossfield

Scott Crossfield sortant du X-15.


Le 19 avril 2006, un Cessna 210 piloté par Crossfield a été porté disparu pendant le vol de Prattville, Alabama vers Manassas, en Virginie. Le 20 avril, les autorités ont confirmé que son corps a été retrouvé dans l'épave de son avion dans une région éloignée du comté de Gordon en Géorgie. Il y avait des orages violents dans la région quand le contrôle du trafic aérien a perdu le contact radar et radio avec l'avion de Crossfield.
Alors que la foudre elle-même pose un risque relativement faible pour les avions tous métaux comme l'avion de Crossfield, les orages contiennent souvent des turbulences suffisamment intenses pour rompre un aéronef en morceaux, ainsi que des courants descendants forts, de fortes pluies, des conditions de fort givrage et la grêle. Le service du shérif du comté de Gordon a indiqué que les débris de l'appareil de Crossfield a été trouvés dans trois endroits différents au sein d'un quart de mille, ce qui suggère que l'avion s'est disloqué alors qu'il était encore en l'air.

Scott était de retour de Maxwell Air Force Base, Montgomery, en Alabama, où il avait fait un exposé à une classe de jeunes officiers de l'armée de l'air suivant le Air and Space Basic Course. Il laisse son épouse de soixante trois ans, Alice Crossfield, six enfants et neuf petits-enfants. La cérémonie des funérailles a eu lieu au cimetière national d'Arlington, le 15 août 2006.

"" La maquette Revell au 1/54 ""
Le moule date de 1951, celle que j'ai et une réédition 1953.
22 pièces moulées dans un plastique blanc + la verrière.
Le commencement : Il faut éliminer toutes les marques en relief (cocardes, numéros et légèrement la structure en creux.
J'ai changé les cocardes américaine.
Faire un tableau de bord, siège éjectable et manche.
Peinture Humbrol : 22 - 33 - 35 - 53 - 67  et 159.
Metal Cote : Mat aluminium.
Peinture Revell : 330.
Et une bombe de blanc brillant du commerce. 















Jean - Marie

Juillet 1944 : l'Opération Cobra.






"" GI, the soldier victory ""

Figurine de GI au 1/35, marque Alpine Miniature.  Référence : ALP-35169. 






Historique : La revue Histoire et Maquettisme n°1 de mars-avril 1989, aux éditions Heimdal, par Yves Buffetaut.



Réalisation figurine, diorama et photos par mon ami Bruno Rondeaux.



Les américains percent le front allemand en Normandie.


Historique : Après le succès du 6 juin 1944, les Anglo-américains rencontrent de grandes difficultés à élargir le front, même si la prise de Cherbourg et de la presqu'île du Cotentin offre un peu de profondeur à la tête de pont alliée. La hantise du front italien, où le Corps expéditionnaire piétine devant les défenses allemandes, commence à poindre dans l'esprit des chefs américains. En fait, la situation est fort différente car la guerre de "grignotage" que se livrent les protagonistes en Normandie joue nettement en faveur des Alliés. Certes, les pertes sont lourdes des deux côtés, mais tandis que les divisions anglo-américaines sont ré-équipées et réapprovisionnées sans arrêt, les unités allemandes fondent sans recevoir de renforts.


"" Un front allemand au bord de la rupture ""
Pour bien comprendre l'état des troupes allemandes à la ùi-juillet, il est bon de se pencher sur les pertes subies depuis le débarquement. Au 11 juillet 1944, 250 panzers ont été détruits (150 Panzers IV, 85 Panther et 15 Tiger), 30 pièces de 88 mm et 167 canons de 75 mm (notons que la statistique allemande compte dans ce dernier chiffre, les Sturmgeschütz, ou canons d'assaut). A ce total, il faut ajouter les 87 000 hommes perdus depuis le 6 juin (prisonniers, blessés et tués).
Du côté allié, les pertes au 10 juillet sont de 61 549 hommes (deux tiers d'Américains et un tiers de Britanniques). Dans la semaine qui suit, les Américains lancent une offensive généralisée sur toute l'étendue de leur front, afin de sortir des zones marécageuses qui s'étendent de Carentan à Lessay. L'autre objectif est d'épuiser les défenseurs allemands en les forçant à utiliser leurs réserves. Dans les deux cas, Bradley arrive à ses fins, mais à quel prix ! Près de 23 000 Américains sont mis hors de combat entre le 10 et le 19 juillet. Dans le même temps, les pertes allemandes augmentent encore de 15 000 hommes environ, dépassant ainsi les 100 000 hommes. Pour faire face à ce "monstrueux bain de sang" (ce sont les termes-mêmes du général von Choltitz), les Allemands sont contraints d'utiliser leurs réserves opérationnelles. C'est ainsi que la division Das Reich est engagée peu à peu du 7 au 13 juillet, avant d'être mise en ligne en totalité. C'est aussi le cas de la 5e division de paras et de la 275.I.D. Trois divisions sont ainsi engagées par fraction pour faire face aux nécessités du moment : un véritable désastre tactique imposé à leurs adversaires par les Américains.
Le mot désastre n'est pas excessif si l'on considère que, depuis le débarquement, les Alliés ont reconstitué toutes leurs unités à 100 %, tandis que les Allemands n'ont été capables que d'acheminer 5 210 hommes de remplacement, soit 6 % des pertes ! Certes 7 500 autres sont en route (ou promis) mais étant donnée l'écrasante domination aérienne alliée, les pertes et les retards d'acheminement sont considérables.    

La gaieté et la joie de vivre des GI's a constitué un baume au cœur pour les populations européennes en proie aux terribles réalités de la guerre (US Nara, collection Auteur).
Source: La 2e Guerre Mondiale n°17 de juin-juillet 2009 aux éditions Astrolabe.
Un Pz.Kpfw. IV type H détruit près de Caen, le 9 juillet. Déchenillé, le train de roulement a profondément labouré le sol (I.W.M.).
Cette très intéressante photo nous montre un des six "Befehlspanther" qui  équipent théoriquement le Panzererregiment 44. Le char de commandement est identifiable à ses deux antennes supplémentaires, dont une antenne multibrins à l'arrière de la caisse. Il s'agit ici d'un type A. L'engin porte les traces d'un engagement brutal : plus de jupes latérales; la paroi arrière supérieure de la caisse, derrière laquelle se trouvent des réservoirs de carburant, porte des traces d'impacts, un des coffres pour paquetage arrière a été arraché, l'autre a perdu son couvercle (Bundesarchiv).  
Le char "133" de la 1./SS-Pz. Abt.101 du capitaine Möbius, roulant sur la place du village de Morgny, dans l'Eure, en juin 1944. La rue qu'a empruntée le char mène vers le Nord-Ouest (D.13). On voit là un "Tiger" type E avec le train de roulement initial, à galets à bandages caoutchoutés (Bundesarchiv).
21 août. Les routes qui mènent vers la Seine sont encombrées de carcasses disloquées, restes de véhicules détruits par les chasseurs-bombardiers alliés. Le toit et les parois de la casemate de ce Sturmgeschütz 40 type G ont été arrachés à la caisse par l'explosion des munitions; les trappes d'accès aux mécanismes d'embrayage et de direction ont été brutalement relevées (I.W.M.).
Source des quatre photos: Connaissance de l'Histoire n°56 de mai 1983 aux éditions Hachette.
Omar Nelson Bradley est né dans le Missouri en 1893. Sorti de West Point dans l'infanterie en 1915, il sert d'abord dans diverses garnisons avant de devenir professeur de mathématiques au State College du South Dakota, puis à West Point. Par la suite, il exerça à différentes reprises les fonctions d'instructeur d'infanterie et de tactique dans plusieurs écoles militaire.
Promu général en 1941, il commande d'abord l'école d'infanterie de Fort Benning, puis une division. Il fait preuve dans ces deux postes, d'une remarquable endurance physique. Sportif et plein d'allant, il brille hors de pair et s'affirme maître en tactique aussi bien qu'entraineur d'hommes.
En avril 1943, Bradley reçoit le commandement du 2e corps d'armée à la tête duquel il s'empare de Bizerte (7 mai) et contribue à la conquête de la Sicile (juillet-août).
L'année suivante, il commande les forces américaines qui débarquent en Normandie, soit le groupe d'armées (1re et 3e) qui libère la Bretagne, tourne l'ennemi par le sud, remonte vers la Seine, qu'il franchit près de Paris, et atteint la Moselle en septembre. Plus tard, il colmate la brèche faite par l'attaque allemande des Ardennes, prend Trèves et Cologne et pénètre en Allemagne jusqu'à l'Elbe où il établira le contact avec les Russes.
Bradley termine sa carrière comme président du Comité des chefs d'état-major des trois armées et comme représentant des U.S.A. au sein du Comité de défense du pacte Atlantique.
Ses mémoires ont paru en 1952 sous le titre : Histoire d'un soldat. Décédé en 1981.
Source : Le débarquement en Normandie aux éditions Christophe Colomb 1984.


"" La 2. SS-Pz.Div. "Das Reich" ""

Le Generalleutnant Paul Hausser, commandant de la "Das Reich" (au centre), né le 7 octobre 1880 à Brandebourg-sur-la-Havel, mort le 21 décembre 1972 à Ludwigsbourg, s'entretient avec les commandants Eugen Meindl et Ernst Blauestein.

Durant le printemps 1944, la division reçut 9 000 recrues. Elle comptait au total 15 000 hommes qui, avec les 78 Pz.Kpfw. IV, les 79 Pz.Kpfw.V "Panther", les 13 StuG. III, les 12 Flakpanzer 38 ainsi que les nombreux véhicules blindés apportaient à l'unité plus de puissance que celle d'une division Panzer de la Wehrmacht.
Le jour de l'invasion alliée en Normandie, la "Das Reich" se trouvait à Montauban (à plus de 700 kilomètres de là) où elle était chargée de contrôler la région. Jusqu'à ce qu'elle reçut l'ordre de rejoindre la Normandie pour stopper l'avancée alliée, la division resta sur place pour faire face aux actions de la Résistance - il faut rappeler que dès l'annonce du débarquement, celle-ci lutta farouchement contre l'envahisseur germanique dans chaque ville et dans chaque village. L'ordre arriva le 10 juin et la "Das Reich" se dirigea vers le nord où elle rencontra beaucoup de difficultés compte tenu des résistants, du manque de carburant et de pièces de rechange.
La division fut répartie en plusieurs groupes : l'un resta dans les environs de Toulouse, un autre fut envoyé à Torigny-sur-Virien pour soutenir les parachutistes du II. Fallschirmjäger Korps, le troisième constitué par les régiments "Der Führer" et "Deutschland" se dirigea vers Caen et Villers-Bocage. Ces deux régiments furent intégrés durant le mois de juin à la 9. SS-Panzer-Division pour combattre les Britanniques en tant que "brigade anti-incendies" (on l'envoya là où il y avait le feu", ou la situation s'avérait critique) et elle subit de lourdes pertes.
En juillet, neuf nouveaux groupes de combat furent formés pour lutter de la même façon et causèrent de gros dommages aux formations alliés. En raison de l'offensive alliée lancée le 24 juillet (opération Cobra), les Allemands commencèrent à se retirer vers la Belgique et beaucoup furent faits prisonniers à Falaise. La bataille se termina en août; la division ne disposait plus alors que de 450 hommes et 12 Panzers opérationnels.
Source : La revue Panzer n°31 aux éditions Altaya S.A. 2008.  


"" La supériorité américaine ""
Pour engager l'offensive, Bradley dispose de nombreuses cartes : la maîtrise du ciel, tout d'abord. Bradley imagine un bombardement de saturation sur un secteur très limité du front : 7 km de long sur 2,5 de large. Cette petite superficie sera littéralement écrasés sous les bombes de 1 800 bombardiers lourds, 396 bombardiers moyens et 350 chasseurs-bombardiers. A ce total déjà impressionnant 500 chasseurs en couverture, soit plus de 3 000 avions en tout !
Au sol aussi, la supériorité américaine est complète. Environ neuf divisions allemandes tiennent le front entre Biéville et la mer. Mais la violence des combats des semaines précédentes les ont réduite à seulement 17 000 hommes en tout et pour tout ! A peine l'effectif d'une division allemande théorique... En face, les Américains disposent de quatre corps d'armée, totalisant quinze divisions, dont quatre blindées, à effectifs complets ! (voir les détails dans les annexes).
Les américains disposent aussi d'autres atouts. Le terrain de l'attaque est propice à l'intervention des chars : le sol est dur et les haies constituent un avantage pour les assaillants, ce qui peut sembler paradoxal, mais celles-ci masquent l'avance des Shermans, qui disposent de canons ayant une portée inférieur à celle des Panzers. En outre, l'obstacle des haies proprement dites a été réglé grâce à l'ingéniosité du sergent Culin Jr., inventeur d'un coupe-haies constitué de dents ajustées à l'avant des chars et fabriqué à partir des chevaux-de-frise et autres obstacles disposés par les Allemands sur les plages. Les 3/5 des Shermans sont équipés d'un tel dispositif. Ajoutons enfin qu'outre l'artillerie divisionnaire, Bradley aligne 258 pièces d'artillerie dotées de 140 000 coups. 

Grâce au système inventé par le 23rd Armoured Engineer Bn, un Sherman de la 3e DB US parvient à franchir une haie sans coup férir. Etant fabriquées à partir d'éléments défensifs allemands récupérés, les dents des chars n'avaient pas de modèle standard. Ici, le Sherman compte cinq dents. D'autres photos montrent un Stuart équipé d'un"râtelier" de quatre dents.
11 juillet 1944 : les véhicules du 33e régiment de chars, de la 3e DB US s'entassent sur une route défoncée. Les nombreux stencils sur le Stuart du premier plan indiquent outre son serial, sa compagnie (compagnie C) et son appartenance au 33e régiment blindé (arrière de la caisse). Comme l'immense majorité des chars américains, il porte un surnom. Le code C-34 n'est pas en blanc, mais probablement en jaune.
Source des deux photos: La revue Histoire et Maquettisme n°1 de mars-avril 1989.


"" Le bombardement du 25 juillet 1944 ""
A 9 heures du matin, 1 500 B-17 et B-24 larguent 3 300 tonnes de bombes sur la zone de saturation allant de Montreuil à Hébécrevon. L'absence d'opposition est totale, ce qui n'empêche pas le bombardier de tête de la troisième formation de commettre une erreur de visée, qui coûtera la vie à 111 soldats américains et en blessera 490.
Dans les lignes allemandes, c'est la désolation : la Panzer Lehr, qui tenait le front avec ses 40 chars survivants et quelques paras, est littéralement balayée en tant qu'unité combattante : tous les panzers sont détruits et environ 2 500 hommes sont tués, blessés et prisonniers, soit presque la totalité des grenadiers encore présents au front. Le Generalleutnant Fritz Bayerlein, chef du Panzer-Lehr-Regiment 130, ne dispose plus que de ses sept chars de réserve pour barrer la route à deux divisions blindées US et quatre divisions d'infanterie !



Né à Würzburg (Bavière) en 1899, Fritz Bayerlein intègre l'armée allemande comme officier cadet en 1917. Quand commence la Seconde Guerre mondiale, il est major et affecté à la 10.Pz.Div. comme officier opérations. En février 1940, durant l'invasion de la France, il sert à l'état-major du XIX. A.K. (mot.). Sa seconde destination est l'Afrique du Nord qu'il rejoint en septembre 1941 comme chef d'état-major de l'Afrikakorps commandé par Rommel. Trois mois plus tard il reçoit la Croix de Fer. En avril 1942, il est promu Oberst et, en août, après la bataille d'Alam Halfa, il prend provisoirement le commandement du DAK après que le général Nehring fut blessé. Le 4 novembre, il en assure à nouveau provisoirement le commandement après la capture à El Alamein du général von Thoma. Promu Generalmajor le 1er mars 1943, il est nommé officier de liaison auprès du maréchal italien Messe, peu après il est rapatrié pour raisons de santé. En octobre 1943, il est envoyé sur le front de l'Est à la tête de la 3. Pz.Div. En janvier 1944, Guderian lui confie le commandement de la Panzer-Lehr-Division. Nommé Generalleutnant en mai 1944 après le débarquement en Normandie, il est envoyé avec son unité en France qui subit de lourdes pertes durant l'opération Cobra. Son comportement au combat lui vaut en juillet l'attribution des glaives à sa Croix de Chevalier. Durant la bataille des Ardennes son action dans la conquête de Bastogne sera très contestée et, en mars 1945, il prend le commandement du LIII.A.K. Le 15 avril, il est capturé dans la Ruhr par les Américains de la 7e Division blindée. Libéré en 1947, il se consacre à des écrits sur la Seconde Guerre mondiale, il meurt dans sa ville natale en 1970.
Source : La revue Panzer n°26 aux éditions Altaya S.A. 2008


"" Inquiétude des deux côtés ""
Malgré ce formidable bombardement, les Américains ne progressent pas avec la vitesse souhaitée par Bradley. Les survivants allemands se défendent avec acharnement et les Alliés se sont refusés à employer leurs chars massivement, de peur de congestionner un front très étroit. C'est donc à un combat décousu que se livrent les deux ennemis. L'avance américaine la plus extrême n'atteint même pas les deux kilomètres de profondeur de la zone de saturation. Dans ces conditions, Bradley peut se faire quelque souci : une telle débauche de moyens échouera-t-elle comme à échoué, une semaine plus tôt, celle des Anglais pour l'opération "Goodwood"?
Du côté allemand, c'est le chaos : les réserves sont insignifiante. Une seule division, la 353.I.D. ! Et les lignes téléphoniques ayant été coupées, il est impossible de savoir l'état exact des divisions de première ligne. La Panzer Lehr parvient à faire monter en ligne quatorze nouveaux chars, qui sont en fait des engins en réparation ou révision à l'arrière depuis quelques jours. Quatorze autres suivront le lendemain, mais tous ou presque seront emportés dans la tourmente.

Ce document nous permet de détailler avec précision un nid de mitrailleuses Vickers. Sur certaines parties du front, l'offensive alliée, enrayée par la résistance des troupes allemandes, obligea les combattants anglais et américains à retrouver pour une courte période la guerre de position.
Source: La revue Connaissance de l'Histoire année 1979.
Les effets du tapis de bombes américains sur les chars allemands de la Panzer Lehr. Ici un Panzer IV à demi-carbonisé. Le numéro 841 (code peint à la main) porte un blindage extérieur autour de la tourelle, mais ne possède pas de jupe blindée autour de la caisse.
Trois pilotes amricains du 366th Fighter Group observent les effets de leur tir au but sur un "Panther"(probablement de la Panzer Lehr). Les roquettes de ces pilotes de P-47 "Thunderbolt" basés en Normandie ont pulvérisé les trains de roulement et le compartiment moteur du char. Pendant toute la bataille de Normandie, l'aviation alliée a été le pire ennemi des Panzer.
Source des deux photos: La revue Histoire et Maquettisme n°1 de mars-avril 1989.


"" Ce truc a complètement éclaté ! "" 
A droite de la zone de saturation, le 8th Infantry Regiment de la 4th Infantry Division s'empare de La-Chapelle-en-Juger à l'aube du 26 juillet, bousculant bientôt les éléments de la 353.I.D. censés contre-attaquer et mettant en fuite l'artillerie de la Panzer Lehr. A sa droite, la 9th Division progresse peu, mais la 30th, au contraire, s'enfonce au milieu du front allemand et même bien au-delà, ne rencontrant plus que des fuyards. Comme le dit le général Hobbs, "Ce truc a complètement éclaté !" Puisque le front allemand n'existe plus dans une largeur de plusieurs kilomètres. Collins, le chef du VII Corps, décide de lancer les chars dans la brèche afin d'exploiter le succès. L'apparition des Shermans sonne le glas de la défense allemande. Il n'y a guère qu'au village de Marigny que les Américains rencontrent un semblant de défense, sous la forme de deux compagnies de la division Das Reich, appuyées par une poignée de Panzer IV et quelques pièces de PAK 40. A la fin de la soirée, certaines unités américaines ont avancé de 12 kilomètres vers le sud-est. Une course de vitesse débute alors. Elle ne s'arrêtera qu'à la frontière allemande.

"" L'exploitation "" 
Les deux divisions blindées américaines rivalisent de vitesse le 27 juillet. La 2nd exploite son succès à fond vers le sud-est, balayant facilement quatorze chars de la division Das Reich près de Quibou. Dès lors, la route du sud est ouverte et le Combat Command b atteint Notre-Dame de Cenilly en soirée. La formation d'une poche d'encerclement se dessine : au nord-ouest du front, les Allemands combattent encore du côté de Pirou, bien au nord de Coutances. Et les Américains lancent deux flèches bien visibles : l'une vers Coutances, avec la 3rd Armoured Division et l'autre vers Bréhal, avec la 2nd. Le but : prendre au piège les deux divisions SS Das Reich et Goetz von Berlichingen, ainsi que les débris de divisions d'infanterie de moindre importance.
Les Allemands n'ayant plus le moyen d'opposer une résistance constituée à l'avance américaine, n'ont plus d'autre salut que dans la fuite. Encore faut-il le pouvoir, surtout lorsque les chars manquent. C'est donc isolément que va se faire le repli. Au Lorey, au nord-est de Coutances, le SS Oberscharführer (adjudant Ernst Barkmann se replie avec son "Panther" 424 (du 1./SS-PZ-Rgt.2 de la division Das Reich). Pour s'enfuir, il doit absolument franchir la N 172 sur laquelle roulent déjà des convois américains du CCB. Profitant de l'abri de deux haies, il s'engage à un carrefour, ouvrant un feu dévastateur sur la colonne américaine. Trois "Shermans" sont mis hors de combat coup sur coup, ainsi que des jeeps, des falf-tracks. Appelés par radio, des chasseurs-bombardiers attaquent le "Panther", le touchant à plusieurs reprises. Deux "Shermans "s'approchent alors, Barkmann les incendie et repart aussitôt vers Coutances, touchant quatre nouveaux chars américains sur son chemin. En septembre, il recevra la croix de chevalier de la croix de fer pour cet engagement.
Mais l'arbre ne doit pas cacher la forêt : les journée des 27 et 28 juillet sont un succès complet pour Bradley et ses GI's. Dans la soirée du 28, Coutances est libérée. Le 29, les Américains parviennent à la mer à l'ouest de Cérences, fermant ainsi poche d'encerclement.    

Devant un char "Sherman" mis hors de combat, les cadavres de l'équipage recouverts d'une bâche. L'infériorité des blindés américains par rapport aux blindés allemands est telle que Bradley se plaint d'être contraint d'user un tank ou deux, équipage compris pour détruire un char allemand.

Dans une tranchée improvisée, une section américaine s'apprête à contre-attaquer.

Le sanglant piétinement des "combats de haies" use le moral des soldats U.S., découragés par la lenteur de leur progression.

Le redoutable canon de 75 d'un char allemand, embusqué dans les ruines d'un village normand.
Source des quatre photos: Le débarquement en Normandie aux éditions Christophe Colomb 1984.


"" La poche de Roncey ""
Appelée aussi Kessel von Coutances par les Allemands, la poche de Roncey est l'un des trois "chaudrons" réalisés par les Alliés en Normandie. C'est le plus petit pour le nombre de prisonniers capturés : moins de 8 000, contre 40 000 à Cherbourg et 50 000 environ à Falaise, la plupart des soldats capturés faisait partie des unités non-combattantes des divisions allemandes, et qu'à Cherbourg il s'agissait de troupes de second-ordre, à Roncey, les unités allemandes sont de tout premier plan, avec notamment deux divisions SS, la Das Reich et la Goetz von Berlichingen
Le 29 juillet, de nombreux soldats quittent encore le "chaudrons", car la ligne américaine est mince. Mais, dès le 30, la situation change : les chasseurs-bombardiers attaquent à la bombe, à la roquette et à la mitrailleuses les longue colonnes de véhicules qui cherche une issue vers le sud.
Trois divisions américaines se regroupent pour nettoyer la poche, tandis que l'armée de Patton se met déjà en route pour prendre la  relève de Bradley et percer vers Avranches afin de déboucher en Bretagne et vers la Loire.
Le 30 juillet, alors que la bataille fait rage dans la poche de Roncey, des éléments des 3e et 4e DB US atteignent Villedieu-les-Poèles et Avranches. Plus rien ne peut s'opposer à la formidable avance américaine. Dans moins de deux mois, la France entière, à l'exception de la Lorraine et de l'Alsace, sera libérée. 

Après la prise de Cherbourg par les troupes alliées, le 26 juin 1944, le lieutenant-colonel Wilhem von Schlieben et l'amiral Hennecke, faits prisonniers, arrivent au quartier général du 7ième corps américain commandé par le major-général Joseph C. Collins.
Source: La revue Connaissance de l'Histoire année 1979.
Les premiers prisonniers allemands du front de l'Ouest attendent leur évacuation.
Bombardements aériens et canons antichars ont fait d'importants dégâts le long des routes.
Source des deux photos: Le débarquement en Normandie aux éditions Christophe Colomb 1984.
Plein de morgue et de suffisance, cigarette à la main, le colonel von Aulock sort de Saint-Malo, sonnant la fin de la résistance allemande alors que la ville a été détruite par les bombardements alliées (Photo Mémorial de Caen).
Source: Archive du journal le Républicain Lorrain.


"" Le bilan de Cobra ""
Il convient tout d'abord de s'arrêter sur la victoire américaine de Roncey : 2 250 morts allemands seront ramassés par les GI's qui ont également capturé plus de 5 000 hommes. Le total des véhicules détruits ou capturés est impressionnants : 539 engins, dont 100 chars et 150 véhicules chenillés, sans compter les pièces d'artillerie. La division Das Reich, par exemple, a perdu à peu près tout son équipement. Certes, 70 % de son équipement de chars a échappé à l'encerclement, mais il s'agit de la dotation du 28 juillet 1944, à une époque où la division était déjà diminuée ! La victoire américaine est donc impressionnante, comme le prouvera d'ailleurs la contre-attaque allemande sur Mortain, menée en partie par des unités ayant survécu à Cobra : il suffira d'un jour de résistance américaine pour réduire les derniers espoirs allemands. Mais la poche de Roncey n'est rien à côté de l'étonnante percée vers Avranches et de son exploitation par Patton, qui conduira à la poche de Falaise et à libération de la France.
Toutefois, le bilan de la bataille de Normandie est mitigé pour les Alliés. Certes, la victoire fut rapide, mais elle ne fut pas décisive, les Allemands ayant pu s'échapper en masse de la poche de Falaise, même si peu de Panzers ont repassé la Seine. Il est curieux de remarquer que la Seconde Guerre mondiale, qui fut par excellence la guerre des grands encerclement vit l'échec relatif de la plupart de ces grandes poches. Ainsi, les Allemands échouèrent complètement à Dunkerque (même si aucun char anglais fut sauvé). Dans le désert, les encerclements successifs de l'Afrika Korps et de la 8th Army ne furent jamais décisifs. En Russie même, les "chaudrons" gigantesques de l'été 41 ne mirent pas à genoux l'Armée Rouge et retardèrent la marche de la Wehrmacht sur Moscou. Quant au brillant succès de Joukov à Moscou, il termina, lorsque les Soviétiques voulurent l'exploiter, par une sévère défaite durant l'hiver 41-42, la plupart des tentatives d'enveloppement échouant. Seule Stalingrad apparaît comme un succès total, la 6e Armée ayant  été capturée dans son ensemble. Mais la guerre ne fut pas gagnée à Stalingrad, loin s'en faut.     

Le général Kramer, commandant la 66e division d'infanterie américaine, accepte la reddition du lieutenant général Fahrmbacher. La "cérémonie" a eu lieu dans une prairie de Caudan (Photo DITE/USIS).
Source: Archive du journal le Républicain Lorrain.
Source: La revue Histoire et Maquettisme n°1 de mars-avril 1989.


"" Les annexes 1 - 2 - 3 et 4 ""



Source: La revue Histoire et Maquettisme n°1 de mars-avril 1989.


"" La figurine du GI par Bruno ""







Bruno / Jean - Marie