Le GMC amphibie "DUKW" 353.





"" Avec lui pas besoin de ports ""
                                                                                     Marque Italeri au 1/35. Réf: n°6392.




Maquette montée par mon ami belge Pascal Mitaine.
Historique: La revue MPM Magazine n°83 de mai 1978.




Le Dukw est certainement le véhicule amphibie le plus connu. Sa silhouette si particulière et sa désignation à consonance mnémonique ont aidé à rendre ce véhicule populaire.


Historique: Le DUKW (ou "Duck") 353 est un véhicule amphibie destiné à décharger les cargos en l'absence de ports. Il fut conçu en 1941 par la firme Sparkman and Stevens Inc, pour le compte de l'armée américaine sur la base du GMC AFKWX 353 6X6. Au cours de la Seconde Guerre mondiale 21247 unités furent produites.
Pour cette réalisation il fallait que les constructeurs (General Motors Truck and Coach Division et Sparkmand and Stephens) puissent non seulement élaborer une carrosserie hydrodynamique étanche, mais aussi puissent assurer une parfaite étanchéité des parties mécaniques (allumage, freins, boîte de vitesse, articulation des essieux, échappement).
La très belle réalisation de Pascal Mitaine lors de l'exposition d'Athus 2014.


Un prototype, sur un châssis légèrement différent, fut réalisé en 1942 et donna satisfaction. La production qui s'ensuivit, ne totalisera pas moins de 21 000 véhicules, auxquels il convient d'ajouter les versions soviétiques BAV (ZIL485) et BAV A (ZIL485A) produites durant les années 50.

Le BAV ZIL485 soviétique, exposé au Musée de Varsovie, noter les différences avec le DUKW américain. Source: MPM Magazine n°83 de mai 1978.

Les évolutions sur l'eau étaient assurées par une hélice débrayage à trois pales, suivie d'un petit gouvernail. D'autre part, afin de s'adapter aux différentes configurations de terrain, le DUKW était muni d'un dispositif original permettant de régler en marche la pression des pneumatiques.
Concernant les équipements divers, signalons la présence, sur la plage arrière, d'un treuil Garwood model 42Y4212 avec 100 m de câble. Enfin, un affût démontable pour mitrailleuse Browning de 12,7 mm était prévu au-dessus de la place avant-droite. 
Épave de "DUKW" exposée au Musée d'Overloon, Pays-Bas.
Source: MPM Magazine n°83 de mai 1978.


Citons pour conclure ce court rappel historico-technique, qu'une version munie de lance-roquettes T44 et T45 fut également construite. La robustesse de ce véhicule fait qu'il demeura en service dans plusieurs nations du monde, notamment dans les armées française et britannique.
Caractéristiques du véhicule.
Moteur: Un G.M.C. 6 cylindres model 210, 95 ch à 3 000 tr/mn.
Dimensions: Longueur: 9,450 m.
                    Largeur: 2,450 m.
                    Hauteur 2,690 m.
                    Empattement: 4,165 m.
                    Voie AV: 1,610 m.
                    Voie AR: 1,600 m.
                    Rayon de virage: 20,400 m (à droite et 21,300 m (à gauche).
Poids: A vide: 6,780 kg.
           En charge: 9,540 kg.
Volume de la soute: 18,21 m3 (longueur 3,780 m et largeur 2,080 m.
Vitesse maximum: Sur terre, 80,5 km/h. et sur eau, 10 km/h.
Autonomie: Sur terre, 385 km, sur l'eau, 80 km. 
Croquis d'un DUKW.   Source: MPM Magazine n°83 de mai 1978.
DUKW français dans son élément, plaque brise-lames relevée (ECPA).
Source: MPM Magazine n°83 de mai 1978.

La documentation.
En 1978 la documentation sur le DUKW était plutôt rare et les deux sources existantes bien que difficilement disponibles, était:
-- Les GMC Document De Bello n°1.
-- Bellona Military Vehicle Data n°1.
Pour les plus chanceux, il y avait également les nomenclatures techniques ou les notices d'entretien ou bien encore le véhicule lui-même.
Signalons, à ce propos, que le Musée des blindés de Saumur en conserve un exemplaire immatriculé 233 3702.
D'autres engins du même type sont exposés à:
-- Fort Eustis (USA) Musée de l'US Army.
-- Aberdeen Proving Ground (Maryland, USA).
-- Overloon (Hollande) - DUKW immatriculé P5576508 et surnommé COMRADE.
-- Musée d'Utah Beach (Normandie).
-- Musée de l'Armée de Varsovie (Pologne). Il s'agit d'un BAV.   
Trois vues d'un DUKW français en piteux état. Source: MPM N°83 de mai 1978.


"" Les marques et les kits du débarquement ""

 Source: La défunte revue ABM Magazine n°18 de juin 1994.

Les kits spécifiques au Débarquement sont moins nombreux qu'on pourrait le croire et se résument principalement à des bateaux spécifiques et à quelques engins amphibies. C'est volontairement cependant que nous laisserons de côté les amphibies de l'Axe et les véhicules modernes.
Les bateaux sont principalement de la responsabilité de Lindberg Line et remontent aux années 50. Il y a cinq moulage de base, chacun à une échelle différente, comme il se devait à l'époque. Ces moules apparurent sous de nombreuses références : parfois un même catalogue reprend plusieurs fois le même kit sous des noms (et des références) différents.
On a donc, en commençant par le plus gros, un LSD (Landing Ship Dock) : gros catamaran servant de dock pour les barges; un LST (Landing Ship Tank), équipé de M47 et de M-113 mais attaqué par des kamikaze (!!); un LCI (Landing Craft Infantry), le seul qui n'ait pas de proue ouvrante;un LCT (Landing Craft Tank), au 1/72, porteur d'un unique char et enfin un LCA (Landing Craft Assault) au 1/32 qui reste la plus classique des barges. En 1965, Lindberg a annoncé un DUKW au 1/40e mais il ne semble pas que ce kit ait réellement été diffusé.  
 Le kit LSU U.S. Craft Landing Navy au 1/125 de la marque Lindberg.


Le LCM a aussi été réalisé par Airfix en série 3, chargé d'un Sherman M4 en 1967. Ce fut le premier kit de la série HO/OO (1/76) en série 3. Un LCA fut aussi produit par Airfix dans sa gamme en polyéthylène. Muni de roulette et dépourvu de fond de coque, il vaut mieux l'oublier (dans le genre "soft" on n'oubliera pas aussi deux petites barges style LCA au HO chez Atlantic). Airfix a cependant été l'un des fabriquants les plus productifs en matière de véhicule amphibies; en effet, dès 1962, un DUKW fut distribué au 1/76. A la même époque, le fabricant anglais nous gratifia d'un très beau LVT4 Buffalo, chargé d'une Jeep Willis. Ce kit de série 2, originellement distribué en sachet, passa en présentation boîte en 1965.   
       LCM MkIII and Sherman MkII au 1/72 de la marque Airfix.          
Buffalo Amphibian and Jeep et DUKW au 1/72 de la marque Airfix.


Si le DUKW resta unique en son genre, le LVT inspira d'autres fabriquant, qui tous préférèrent la version LVT (P)5, armée et donc présumée plus commerciale. Adams en produisit un au 1/40 dans les années 50, commercialisé ultérieurement par UPC (dans les années 60). Bien que cela ne soit pas confirmé, il est probable que c kit se retrouva chez Marusan au Japon.
Plus intéressant était celui de Nitto au 1/35 qui, après la disparition de cette firme en 1986, a été repris Bluetank et est depuis commercialisé (?) sous cette marque.
Le LVT (5) au 1/40 de la marque UPC ex Adams.

Le LVT (5) au 1/35 de la marque Nitto, marque qui n'existe plus aujourd'hui.

La marque Heller a contribué timidement à cette lignée d'amphibies en 1975, avec la mise sur le marché d'un set de deux LCM au 1/400e réédités en 1994. Dans le même ordre d'idée, il y a deux sets de barges de débarquement chez Skywave, ainsi qu'un set de véhicules "de plage" (Buffalo, GMC...), le tout au 1/700e . Enfin on ne saurait oublier le coffret "Anzio Beach", commercialisé en 1966 par Aurora sous un percutant boîtage de John Steel. Cet exercice de marketing (la même année un film est sorti avec... intitulé simplement "Anzio", aucun rapport bien entendu) était aussi un exercice de copiste (chars Roskopf, personnages Airfix) dont le seul apport original fut le LCM au HO (plus que OO), qui est un modèle différent de celui de Airfix et de celui de Lindberg.   
Le LCT-LSU au 1/400 de la marque Heller.

Le Buffalo à l'échelle du OO et le Landing Craft à l'échelle du HO-OO, tous deux de la marque Airfix.

On n'oubliera pas deux autres véhicules  amphibies, bien que leurs fonction "débarquante" soit assez improbable : le Weasel M26C et le Ford GPA qui, comme le DUKW, fut utilisé à la fois par les Anglos-américains et par les Soviétiques. Le Weasel fut réalisé en 1957 par Monogram au 1/35e et a naturellement fait l'objet de plusieurs rééditions depuis, bien qu'il semble se faire rare de nos jours. Au 1/87e nous avons aussi un superbe (mais minuscule) petit M26C chez Rocco en Autriche. Le GPA a eu les honneurs de plusieurs kits, dont un excellent 1/35e en 1975 chez Tamiya. Imai a aussi "commis" une Jeep amphibie, dans sa série de véhicules de loisir, qui est munie de pneus minuscules et disgracieux, sans compter tous les inconvénients dus à la motorisation. 

Le Weasel au 1/35 de la marque Monogram.

En conclusion, on ne saurait trop souligner la disparité, en qualité et en échelle, entre ces différents kits, ainsi que le peu d'intérêt que les fabricants semblent prêter à ce type de matériel. Par exemple, on peut souligner qu'il n'existe toujours aucun LCM, aucun DUKW au 1/35 et aucun LVT-2, aucun char DD en injecté à quelque échelle que ce soit (attention ceci était en 1994 et nous sommes en 2014, donc...) On notera aussi par ailleurs la relative ancienneté de ces moules(le plus récent est le GPA de Tamiya), à l'époque où on doublonne voire triplonne très facilement...


"" La réalisation de Pascal Mitaine ""
sur une base Italeri au 1/35.




                                                      Pascal/Jean-Marie.















La Vergeltungswaffe I FZG-76







"" V pour Vengeance ""
"" Le premier missile de croisière au monde ""


                    Historique: Le premier paragraphe du livre Armes Secrètes de Myrone N. Cuich.
                                      Les Armes Secrètes allemandes chez Marabout par B Ford en 1969.
                                      Aviation Magazine n° 612 de juin 1973, les bombes volantes V1.

                                     Marque Armageddon/Mach2au 1/72. Réf: AR 04.
                                     Maquette et diorama de mon ami Belge Guy BOON.




Historique: L'une des plus célèbres parmi les armes secrètes qui ont été employées par les Allemands durant la dernière guerre mondiale, fut la V1.
Première arme de représaille (Vergeltungswaffe N°1) officiellement dénommée FZG-76, baptisée par les Anglais "Flying-Bomb", elle sera le premier missile opérationnel de l seconde guerre.Quel était cet engin ? que l'Allemagne, prise à la gorge, venait de jeter dans la balance de guerre ? Il se présentait sous la forme d'un petit "Avion-Robot" ou bombe soufflante, pesant 2500 kg, muni d'ailes rectangulaires, d'un empennage et d'une dérive.
Une bombe volante V-1 opérationnelle décolle pour son trajet vers Londres.
Source: Les Armes Secrètes allemandes aux éditions Marabout 1969.


Il s'agissait d'un engin à cellule en bois, sans pilote. Sa mise au point s'effectua sous la tutelle du DFS, Deutsche Forschungsanstalt für Segelflug (centre allemand de recherche sur les planeurs), initialement établi à Darmstadt, ancienne capitale du grand-duché de Hesse-Darmstadt, où se trouvait une célèbre manufacture de tapis.
Par la suite, il émigra à Ainring près de Salzbourg, sur la frontière autrichienne. Il avait pour chef Georgii, un des principaux chercheurs de la Fo Fü, responsable de la mise au point des planeurs transports de troupes.
Environ mille personnes travaillaient dans ce centre et plusieurs autres projets d'armes secrètes y furent étudiés, en particulier le projet Wasserfall.
L'histoire de la V1 commence dans les années 20, quand un professeur de Munich, Paul Schmidt, s'intéressa à un projet de pulso-réacteur.
Le principe de fonctionnement en était très simple : dans une tuyère en mouvement relatif par rapport à l'air, celui-ci était forcé à travers des volets articulés disposées à la partie antérieure de la tuyère. Immédiatement en arrière se trouvait une série d'orifices d'admission de carburant et le tirage qui en résultait avait pour effet de former un aérosol très fin de gouttelettes de carburant en suspension dans l'air.
Le mélange, porté à un régime pré critique, était alors enflammé par une bougie à incandescence et brûlait rapidement en produisant une détonation amortie. La détonation avait pour effet de fermer les volets d'admission d'air et l'explosion des gaz par la tuyère communiquait à l'engin une impulsion vers l'avant.   
Ensemble clapets d'injection
et pompe à carburant.
Source: Armes Secrètes et ouvrages mystérieux de Myrone N. Cuich

Groupe d'injecteurs et principe de fonctionnement.

A: Conduits d'alimentation.

                     B: Jets de démarrage.

                     C: Jets principaux.

                     D: Clapets.

                     E: Grille.

                     F: Clapets ouverts.

                    G: Clapets fermés.

                    H: Pression des gaz.

                     I: Pression d'air.

Source: Armes Secrètes et ouvrages mystérieux de Myrone N. Cuich.
La fermeture des volets, empêchant l'inflammation continue du carburant, la détonation s'arrêtait rapidement, mais le mouvement provoquait la réouverture des volets, entraînant l'admission d'une nouvelle quantité de mélange dans la chambre de combustion, et ainsi de suite. L'engin était donc propulsé par une série de détonations périodiques à basse fréquence.
On lui donna le nom de pulso-réacteur ou tuyère de Schmidt et, dès 1934, il semble que le professeur Schmidt ait suggéré qu'un dispositif de ce type pouvait être utilisé pour propulser une torpille aérienne, mais cette idée ne fut pas retenue.
Ultérieurement, le projet fut repris, sans que son inventeur participât aux études, comme cela se produit souvent, par l'Argus Motorwerken Gesellschaft.
L'engin construit fonctionnait à l'essence et développait une poussée de plus de 320 kg.
Propulsée par le pulso-réacteur, la cellule, trapue et à ailes tronquées, fut conçue et mise au point par Robert Lusser, ingénieur en chef, avec l'aide de la Gerhard Fieseler Flugzeugbau; elle portait l'appellation de Fieseler Fi-103. Après beaucoup de discussions et de tractations dans la coulisse, l'autorisation de fabrication en série fut donnée en juin 1941.                  
Les ancêtres du V-1.  Source: Revue anglaise Armes secrètes allemandes.
Collection Guy Maréchal.

Les spécifications techniques imposées à l'engin n'étaient pas très sévères et les performances et la fiabilité exigées n'étaient pas très grandes; par contre,il devait être d'un faible prix de revient et facile à construire, caractéristiques évidemment très recherchées par une Allemagne aux capacités de production limitées.
La V-1 volait entre 300 et 2 000 m à une vitesse d'un peu plus de 650 km/h et sa portée, initialement de 300 km, fut augmentée, par la suite, jusqu'à 400 km. Elle pesait environ 2 200 kg, dont près de 1 000 kg constitués par le trinitrotoluène et le nitrate d'ammonium de la charge explosive,avait une longueur de 8,10 m et un diamètre d'un peu moins de 1,50 m.
Les premiers essais furent effectués, à la fin de 1941, sur le terrain de Peenemünde, le seul suffisamment bien équipé en instruments de poursuite et de contrôle de vol. Il est assez savoureux, compte tenu de la rivalité des armées, de noter que Peenemünde était dirigé à l'époque par des "rampants".
L'expérimentation fut un succès et, immédiatement, il se créa une controverse sur les priorités à définir. L'Armée de l'Air avait évidemment hâte de voir activer les études de la V-1 alors que l'Armée de Terre voulait pousser sa propre V-2. Qui allait l'emporter ?.
Le premier prototype de la V-1 le Fi-103 V17.  Source: Revue anglaise Armes Secrètes allemandes.   Collection Guy Maréchal.


Il est intéressant de comparer les mérites respectifs des deux engins. La V-1 était d'un faible prix de revient, selon les estimations actuelles, évidemment très imprécises, son coût unitaire était compris entre 1 500 et 10 000 marks, alors que la V-2 revenait à 75 000 marks. Selon certaines estimations, il fallait 280 heures de travail pour construire une V-1 contre 13 000 pour une V-2.
D'un autre côté, la V-2 était supersonique et, quoiqu'elle transportât une charge explosive sensiblement identique, les dégâts qui en étaient attendus devaient être plus importants en raison de la puissante onde de choc qui devait accompagner son arrivée à grande vitesse  (de l'ordre de Mach 4, soit quatre fois la vitesse du son).
Des bombes-fusées V-2 assemblées et prêtes à quitter l'usine.
Source: Les Armes Secrètes allemandes aux éditions Marabout 1969.


N'étant pas radioguidée, la V-1 échappait au brouillage. Il était donc impossible aux Alliés de dévier sa trajectoire par des contre-mesures électroniques. Par contre, beaucoup moins rapide que la V-2, elle était vulnérable à la défense antiaérienne ou la à tactique utilisée par les chasseurs et consistant à la précipiter dans la mer en la faisant basculer par un mouvement de levier imprimé à l'aile.
Elle pouvait également se prendre dans les câbles des ballons de barrage que la V-2 pouvait éviter. D'un autre côté, elle utilisait du pétrole peu raffiné extrait des gisements de lignite se trouvant en Allemagne, alors que la V-2 réclamait un coûteux mélange d'alcool et d'oxygène liquide. 
Schéma montrant comment un Supermarine Spitfire ou un Hawker Tempest, déstabilisait la V-1 pour la précipiter dans la mer.
Source: La revue Airpower volume 8 n°2 de mars 1978.


Les V-1 étaient peu fiables, 25 pour 100 d'entre elles n'atteignaient pas leur objectif, par suite de pannes, alors que la V-2 avait une fiabilité élevée qui en faisait un redoutable engin de guerre. On ne doit donc pas s'étonner des multiples controverses apparues au sujet des mérites respectifs de ces deux projets.
La solution était pourtant évidente. L'Allemagne, qui menait une guerre totale pour vaincre ses adversaires et établir sa domination mondiale, se devait d'utiliser de façon complémentaire à la fois un engin bon marché et un engin élaboré. Effectivement, après des discussions longues et laborieuses, les deux projets furent simultanément adoptés et réalisés, comme les Anglais devaient bientôt s'en rendre compte à leurs dépens.
A partir de 1943, ces deux projets prirent le pas sur toutes les autres études d'armes secrètes. La V-1 fut équipé d'un système de guidage simple mais efficace, comportant un gyroscope Askania pour le contrôle de direction et d'altitude. Le nez de l'engin était muni d'une petite hélice, mise en mouvement par le passage de la bombe volante dans l'atmosphère, et qui entraînait, par l'intermédiaire d'engrenages, un rudimentaire enregistreur de distance parcourue.  

Gyroscope principal de la V-1.  Source: Monogram Close-Up 4 année 1977.


A une distance préréglée, l'enregistreur commandait l'interruption de l'alimentation en carburant, stoppant ainsi le moteur. L'engin piquait alors d'un mouvement oscillant vers le sol et explosait. Les premiers lancements de V-1 furent difficiles, car la tuyère ne fonctionnait évidemment correctement que lorsque l'engin était déjà animé d'une certaine vitesse. Pour cette raison, on construisit de nombreuses rampes de lancement munies d'un système de catapultage à vapeur communiquant suffisamment d'énergie cinétique aux bombes volantes pour ouvrir les volets d'admission et permettre ainsi le début du cycle.
Un peu plus tard fut mise au point la "Reichenberg", une version pilotée de la V-1, qui n'était pas du tout destinée à des missions suicides comme certains commentateurs l'ont suggéré, mais à des essais permettant de venir à bout des difficultés de guidage.
Sur le V-1, les vibrations dues au pulso-réacteur sur les dispositifs de contrôle de vol se révélèrent si nuisibles, qu'il fallut procéder à des essais avec un pilote humain ! Hanna Reitsch accepta cette mission et fut d'ailleurs sérieusement blessée au cours d'un vol. Sur l'engin vu ci-dessus, récupéré après la défaite de l'Allemagne, on voit le poste de pilotage à l'avant de l'entrée d'air du pulso-réacteur, et le patin pour l'atterrissage.
Source: Aviation Magazine n°612 du 15 juin 1973.

L'étude d'une version à moteur plus puissant fut également envisagé vers la fin de la guerre, mais ne fut jamais réalisée.
Etant donné l'intérêt croissant de Hitler et de son équipé pour la réalisation d'armes à la fois plus puissantes, de meilleure qualité et plus efficaces, on accéléra la production en série des V-1 et des V-2. Les installations d'essai de V-2 de Peenemünde furent, comme on l'a vu, endommagées par des bombardements britanniques, ce qui entraîna leur transfert vers une autre région. La soufflerie fut transportée à Kochel, les bureaux de recherche et de mise au point à Garmisch-Partenkirchen, et les usines proprement dites à Nordhausen et Bliecherode. On construisit, dans la région montagneuse du Harz, des installations souterraines qui se révélèrent à la fois invulnérables et indétectables. De cette manière, la sécurité du personnel étant assurée et les pertes infligées par les bombardiers lourds minimisées, la production des armes de terreur allait pouvoir se poursuivre systématiquement et les Anglais recevoir une leçon qu'ils ne seraient pas près d'oublier.
Effectivement, cette prophétie se justifia.  

Les dégâts causés à Peenemünde par le premier grand raid allié, effectué dans la nuit du 18 août 1943. Source: Les Armes Secrètes allemandes aux éditions Marabout en 1969.

Stockage de la bombe V-1 à Nordhausen, la Mittlewerk dans les montagnes du Hartz.            Source: Airfix Magazine de mars 1984.


"" Hanna Reitsch, la féline qui a eu raison de la V-1 ""


Hanna Reitsch (à gauche) avec une amie
 parlant des caractéristiques du modèle
P-51.  Source: Secret Aircraft Designs
of the Third Reich, de David Myhra.


Hanna Reitsch 29 mars 1912/24 août 1979.

Elle était un minuscule bout de femme, 1m55 pour 45 kilos. Mais elle était énergique et ambitieuse, elle voulait devenir médecin missionnaire, mais suite à un stage qu'elle fit en 1931 dans une école de vol à voile, elle se mit à se passionner pour le vol sans moteur et révèle des dons de pilote incroyable qui lui offrit l’opportunité de faire une tournée de démonstration en Amérique du Sud, où elle battit plusieurs record du monde de vol à voile, ce qui lui valut d'être recruté en 1934 comme pilote d'essai dans une école de vol à voile à Darmstadt
Elle passe ses brevets de pilote d'avion à moteur, puis elle est envoyée à l'école de pilotage d'avion de transport de Stattin.
En 1937, elle teste le prototype du premier hélicoptère allemand, qu'elle présentera sur ordre de Goering dans un spectacle de cirque en 1938.
Adolf Hitler la décore personnellement de la croix de fer, suite à un accident dont elle s'en sort miraculeusement.
En 1942, elle teste le premier Messerschmitt Me 163, au retour d'un vol d'essai elle est de nouveau blessée gravement et envoyé à l’hôpital dont elle ne sortira que fin 1943.
Pour terminer, on la désigne pour mettre au point les V-1 qui ont des problèmes et qui s'écrasent après avoir décollés, les ingénieurs ne pouvant trouver le problème, on équipa donc la bombe d'un poste de pilotage, là au péril de sa vie Hanna Reitsch découvre la défectuosité du système gyroscopique.  Voilà une petite partie de la vie de l'aviatrice, Hanna Reitsch.
Source: Une source du Web. 

"" Un lourd bilan pour les Anglais et Anversois "" 
Arme secrète de la Luftwaffe agonisante, le V-1, bien que connu et attendu par les Alliés, créa la grande surprise stratégique de cette fin de guerre : il traduisait éloquemment l'avance que la technique allemande était en passe de prendre contre le potentiel démesuré anglo-américain.
On aurait tort de sous-estimer l'ampleur de cette offensive allemande de l'été 1944, même si elle n'amena pas le renversement de situation escompté par le Reich. Elle préfigurait à la fois la guerre "presse bouton" que nos stratèges actuels montent à si grand frais et la puissance nouvelle des propulsions affranchies du classique moteur à explosions arrivé à son apogée de rendement.

Le V-1 a été décrit : petit planeur métallique de 7,70 m de long pour une envergure de 5,40 m, il pesait 2 190 kg chargé (dont 800 kilo d'explosif) pour une charge alaire de 455 kg et un rayon d'action de 300 km.
Exigeant une poussée externe pour voler, il était lancé par catapultes plus ou moins enterrées et abrités (des raids alliés colossaux !), préalablement axées vers l'objectif, et pouvait atteindre une vitesse maximale de 580 km/h, après avoir quitté la terre à 240 à l'heure.Certains seront largués de Heinkel He 111 en vol au-dessus de la mer du Nord. La propulsion était assurée par un turbo-propulseur Argus S-0.14 développant 575 ch et dont le bruit caractéristique de motocyclette effrayait les campagnes anglaises.
Photo rare: Trois Heinkel He-16 3/KG 53 "Légion Condor", avec sous le ventre de l'avion une bombe V-1, automne 1944, au premier plan l'avion Heinkel serial A1 +AL.   Source: Modell Magazine n°11 de novembre 1982. 
Détail de la mise en place de la V-1 sous le Heinkel He 111, serial A1 + HL. La bombe V-1 portant toujours le capuchon de protection. Remarquez les roues jumelées du chariot.  Source:Modell Magazinen°11 de novembre 1982.
 La V-1 suspendue sous l'aile du Heinkel He 111 serial A1 + HL. Notez l'entretoise qui supporte la V-1 sous l'aile de l'avion.
Croquis du pulso-réacteur Argus As 109-014. Source: Monogram Close-Up 4 année 1977.
Croquis du fonctionnement du pulsoréacteur de la V-1;
Source:La vitrine du Maquettiste n°38 1er trimestre 1990.


La méthode de tir était simple : une petite hélice montée dans le nez de l'engin, montée au nombre de tours calculé en fonction de la vitesse constante du vol, déclenchait en stoppant un mécanisme d'horlogerie qui orientait les volets pour provoquer à temps le piqué terminal sur l'objectif choisi : inerte et aveugle, le V-1 percutait et explosait.
Rappelons que des prototypes (Reichenberg II et III) furet essayés avec poste de pilotage (et même en biplace, comme le Reichenberg I) dans le but de tenter des attaques-suicides de précision. Anna Reitsch a raconté dans son livre ses impressions assez effrayantes à bord d'un engin aux qualités plus balistiques qu'aéronautiques.
Un Fieseler Fi 103  A-1 Reichenberg Re IV. Source Musée de Cosford Angleterre.    
Collection Alain Bertini.
Deux fuselages avant de la version d'entraînement biplace de la bombe piloté, le Fieseler Fi 103 A-1/Re 3, trouvé à Dannenberg au cours de la dernière semaine d'avril 1945. Les plexiglas ont été probablement fabriqués par la Société R.m.b.H., il semblerait aussi qu'il ait été détruit avant l'évacuation allemande. Source: Monogram Close-Up 4, année 1977. 

Une réelle surprise fut celle qu'éprouvèrent les Londoniens le 12 juin 1944 vers 23 heures, quand les sirènes se mirent à hurler et que quand la DCA se déchaîna : tranchant sur l'aboiement des canons et l'espèce de déchirure faisait trembler et "palpiter" les immeubles, ainsi que des explosions, jamais entendues même pendant le "petit blitz" récent des Dornier Do-217 ou Heinkel He-177. Le choc psychologique fut donné quand la presse annonça le lendemain que "tout permettait de croire que l'attaque avait été faite par des avions sans pilotes"   
Dérivé du Do 217E, le Do 217J, qui se caractérisait par un nez redressé, était un chasseur de nuit et un avion de pénétration. Contrairement au J-1, le Do 217J-2, représenté ici, n'avait plus de soute à bombes arrière. Ces avions étaient fréquemment escortés par des Messerschmitt Bf 110.
Source: L'encyclopédie de l'aviation n°161 aux éditions Atlas.
La transformation des équipages destinés à servir sur He 177 revenait à la Fliegerflugzeugschüle 6, basée à Burg, près de Magdebourg. Cette unité disposait de He 177A-1 provenant du KG 40 avant d'utiliser des He 177A-3/R2.
Source: Toute l'Aviation n°90 aux éditions Atlas.

Après une certaine nervosité, les Anglais réagirent car la guerre continuait... C'était le début d'une longue offensive allemande, puisque 9 300 V-1 seront lancés en quatre-vingts jours (2 000 perdus au départ par fautes techniques diverses) : 2 4000 atteignirent la ville et 800 s'écrasèrent sur la "route d'accès" du Suffolk-Hampshire.
Les bases étaient réparties en demi- cercle, du Cotentin à la Hollande. Par ailleurs, 8 961 seront lancés sur le port d'Anvers occupé en septembre et 3 141 sur Liège, y causant des milliers de victimes. Enfin, les V-1 seront utilisés, sans succès, dans la bataille des Ardennes et dans la vallée du Rhin au printemps 1945.

La banlieue de Londres souffrit
beaucoup des V-1.
Source: Aviation Magazine n°215


Du 12 juin au 31 août, la moyenne quotidienne d'impacts sur Londres fut énorme pour tomber après l'occupation des principaux sites du Pas-de-Calais de 100 à 40 par jours après novembre. Le nombres des objectifs militaires touchés fut infimes, mais les dommages particuliers considérables : au cours des quatre-vingt premiers jours, 24 491 maisons sont détruites, 52 293 rendues inutilisables et 950 395 endommagées. Le nombre des victimes s’élèvera à 5 864 morts, 17 197 blessés graves et 23 174 légers pour 8 070 bombes dénombrées.
On estime que 25% des V-1 lancés tombèrent dans la Manche où s'égarèrent, 46% furent abattus par la défense alliées (24% par les chasseurs anglais, 17% par les américains, 5% par les ballons de barrage) et 29% atteignirent l'agglomération londonienne.  
Les artificiers anglais examinent une bombe qui s'est abattue près de sa rampe de lancement dans le Pas-de-Calais.  Source: Aviation Magazine n°215.


Le nombre des bombes volantes détruit par bombardements aériens est inconnu mais fut certainement considérable malgré les protections bétonnées. Pour Anvers, les bombardements durèrent d'octobre 1944 à la fin mars 1945, la cadence variant de 65 à 45 par jour; 211 des 4 883 lancés atteignirent le port (4%) en 154 jours; 2 183 sont abattues par la DCA, une DCA formidable de 22 000 artilleurs !. Les pertes, qui furent de 46% sur Londres, seront de 45% en Belgique.
Attaque d'un site de lancement de V-1 à Ligescourt (France).  
Source: Aviation Magazine n°215 de décembre 1956.


La défense anti V-1 dut être improvisée en 48 heures : plus de 2 000 ballons bloquaient le sud-est de Londres jusqu'à 2 000 mètres d'altitude; un seul jour 800 pièces d'artillerie lourde et 2 000 légères tirèrent 69 000 projectiles !. Seuls les chasseurs les plus rapides en service devaient être utilisables : P-51D "Mustang", et "Hawker Tempest V" ou "Spifire XIV", et en 1945, les premiers Gloster "Météor" à réaction. Il fallut mettre au point de nouvelles tactiques d'approche et de combat : attaque après piqué de rattrapage ou bien l'engagement, en vol parallèle, d'une aile du chasseur sous l'aile du V-1 et mouvement de bascule pour dérégler le gyroscope et précipiter sa chute au sol immédiatement.
Le tir n'était pas sans danger, quand les 800 kilos d'explosif étaient touchés (mort de Maridor par exemple).
Bien que le rendement de l'arme ne fut en définitive que de 55%, les effets des V-1 furent plus graves que les bombardements aériens classiques de 1940. Et il y avait les V-2 et tous leurs dérivés découverts avec stupeur quelques semaines plus tard dans les arsenaux souterrains du Reich détruit...


"" Écorché d'un V-1 ""
  Source: Aviation Magazine n°612 du 15 juin 1973.

1) Tuyère.
2) Pulso-réacteur.
3) Chambre de combustion.
4) Bougie de démarrage.
5) Injecteurs de combustible.
6) Volets de clapets.
7) Entrée d'air pulso-réacteur.
8) Point de hissage pour mise sur rampe.
9) Filtre de réservoir combustible.
10) Réservoir.
11) Remplissage réservoir.
12) Charge explosive.
13) Boîtes à détonateurs.
14) Détonateur principal.
15) Compas magnétique associé au gyroscope principal.
16) Moulinet pour dispositif de contrôle de distance.
17) Percuteur de mise à feu des détonateurs. 
18) Détonateur d'atterrissage sous fuselage.
19) Longeron tubulaire.
20) Lame coupe-câbles de ballons dans le bord d'attaque.
21) Traversée de longeron dans le réservoir. Fixation voilure.
22) Rail de lancement.
23) Réservoir d'air comprimé.
24) Support du pulso-réacteur.
25) Mécanisme de contrôle de combustible.
26) Filtre à combustible.
27) Prise de démarrage.
28) Batterie sèche pour servitudes électriques.
29) Gyro principal.
30) Contrôle d'altitude.
31) Gyros secondaires.
32) Plan fixe.
33) Volet de profondeur.
34) Servo commande pneumatique.
35) Spoilers.
36) Timon, direction.
37) Gouvernail.
Elle fut baptisée V-1 pour Vergeltungswaffe (arme de représailles n°1), mais elle est également connue comme Fieseler Fi-103 ou FZG-76 "Kirschkern", c'est-à-dire " noyau de cerise" !. Plan couleur de Jean Noël.
Source: Aviation Magazine n°612 du 15 juin 1973.

"" Des V-1 et rampes toujours en bon état ""
Celui du musée de Cosford (Angleterre).
Collection Alain Bertini. 
Superbement bien conservé: on y vois La rampe, le V-1, le canon de lancement "Dampferseuger". le piston, etc... 

"" V-1 et rampes conservés dans le nord de la France ""
Collection Alain Bertini.


"" Les héritiers du V-1 ou l'histoire des copies ""

"" Les Etats-Unis ou l'Amérique ""

Photo ci-dessus: un JB-2 à Holloman Field fin 1944; la plupart des vols de JB-2 eurent lieu à Eglin Fied en Floride. Photo ci-dessous: Un JB-2 avant largage par un B-29, au-dessus de l'île Santa Rosa en avril 1945.
Source: Les fusées et missiles d'aujourd'hui par Bill Gunston.   


La désignation du missile était KUW-1 plus tard LTV-N-2; on le baptisé Loon. Le missile était logé dans un caisson-tambour étanche derrière le kiosque. L'équipage devait lui adapter ses ailes; le lancement se faisait vers l'arrière à l'aide d'une rampe et de quatre grandes fusées.
Source: Les fusées et missiles d'aujourd'hui par Bill Gunston.


Plus tard viendra la lignée des SSM-N-8  Regulus I et SSM-N-9 Regulus II, SM-62A Snark, B-61 Matador, TM-76 Mace etc,,, toujours sur la même forme. 


 L'U.R.S.S. ou Union des Républiques Socialistes Soviétiques 
Le Chelomei désigné 10X, (10Ch en allemand -W.K., dixième modification d'une arme inconnue).  Source: The V-1 and its Soviet successors de Wilfried Kopenhagen aux éditions Schiffer Military History.
Le Chelomei désigné 16X, plus tard 16Ch, ci-dessus était lancé à partir d'un Tupolev Tu 2. Source:The V-1 and its Soviet successors de Wilfried Kopenhagen aux éditions Schiffer Military History. 

Plus tard viendra la lignée des KS-1 Komet, AS-1 Kennel, SSC-1A Salish, SSC-2B Samlet etc,,, toujours sur la même forme.


"" La France ""

L'engin-cible SFECMAS Ars-5501
Le SFECMAS Ars-5501 était un engin-cible télécommandé dont la conception a été inspiré par la bombe allemande V-1 et il était comme celui-ci, propulsé par un pulso-réacteur. Le corps de l'appareil se divise en trois parties. L'avant contient le pilote automatique et la boîte de commandes; la section centrale supportant l'aile médiane cantilever et contenant les réservoirs de carburant; enfin, un cône terminal en alliage léger supporte les empennages à deux dérives. Le pulso-réacteur est supporté, au-dessus de la partie arrière de l'appareil par des mâts fuselés verticaux, le premier de ceux-ci étant traversé par les canalisation d'alimentation du moteur.
Le pilote automatique télécommandé permettait toutes les évolutions normales. L'atterrissage se pratiquait de la façon suivante : lorsque le pulso-réacteur était arrêté, le carburant restant est injecté et, lorsque la vitesse était suffisamment réduite, un parachute s'ouvrait, à quelques mètres du sol, une fusée de proximité faisait office de frein.
L'Ars-5501 pouvait être aussi lancé depuis un avion-mère.
En 1951, le 5501 acheva sa carrière de missile, mais son utilisation originaire de cible volante se poursuivit, menant en fin de compte à l'Aérospatiale CT-10.
Caractéristiques: Moteur: Un pulso-réacteur SFECMAS de 180 kgp.
                               Envergure: 4,30 m.
                               Longueur: 6,014 m.
                               Hauteur: 1,092 m.
                               Poids total: 660 kg.
Performances: Vitesse maxima à 4 000 m, 460 km/h.
                           Montée à 4 000 m, 10'.
                           Autonomie: 320 km. 
Source: Aviation Magazine n°76 du 15 juin 1953.


L'avion-cible Aérospatiale CT-10  
Propulsé en vol par un pulso-réacteur (poussée 90 kg), cet avion-cible télécommandé est lancé sur une rampe par deux fusées à poudre. Après 35 minutes de vol, un parachute le ramène au sol où il se fiche par sa pointe.   Source: Science et Vie, numéro hors série, Aviation 1957.
Un très beau document de Science et Vie n°516 de septembre 1960. L'alerte est donnée... Un avion-cible CT-10 a pris l'envol d'un rocher de l'Île du Levant. 
Plus tard viendra la lignée avec le Nord CT-20 et Nord CT-41, toujours sur la même forme.
Le Nord CT-20, engin-cible à turboréacteur Marboré II, vitesse 950 km/h.
Source: Science et Vie, spécial Aviation 1957.
Un Nord CT-20 quelque part en France.           Collection Alain Bertini.
Le Nord CT-41, engin cible à statoréacteurs pour nombre de Mach de 1,5 à 2,5.
Source: Science et Vie, spécial Aviation 1957.


"" La Suède ""

"" Aérospatiale -Saab-Scania RB-08A ""
Légende photo: Vérification et reconditionnement de missiles RB-08A à Linköping.
En médaillon: Lancement d'un RB-08A en version de défense côtière. On pensait que la plupart des lanceurs de ce missile de croisière sont installés dans des sites terrestres, deux seulement étant embarqués.


Élaboré conjointement par Nord-Aviation (plus tard Aérospatiale) en France et Saab-Scania en Suède, ce missile de croisière remplaça le RB-315. Les études de la Marine royale suédoise commencèrent en 1959; en utilisant comme base le RPV-cible Nord CT-20, les partenaires français et suédois purent fabriquer l'engin en série dès 1966.
Comparé au CT-20, le RB-08A est plus long, plus lourd et possédait des ailes repliables
Les premières livraisons furent effectuées la même années aux destroyers Halland et Smäland; par la suite, une version fut élaborée pour la défense côtière. La fabrication prit fin sur un total de 98 missiles en 1970. Lancé par deux moteurs de départ à propergol solide, largués ensuite, le RB-08A était propulsé par un réacteur Turboméca Marboré IID de 400 kg de poussée.
Le guidage dépendait de l'azimut du lanceur, du pilote automatique et du dispositif de surveillance de l'altitude, relayés près du but par un radar actif.
Ce système permettait d'utiliser en pratique l'importante portée théorique. La tête explosive et à fragmentation pesait 250 kg.
Caractéristiques: Longueur 5,72 m.
                               Diamètre 660 mm.
                               Envergure 3,01 m.
Poids au lancement: 1 215 kg, dont 315 pour les boosters.
Portée: 250 km.
Source: Les fusées et missiles d'aujourd'hui par Bill Gunston aux éditions Elsevier/Séquoia  
Tir d'entraînement du missile de croisière franco-suédois RB-08A. Ce missile lancé du sol peut, en fait, pouvait être considéré comme opérationnel.
Source: Les fusées et missiles d'aujourd'hui par Bill Gunston aux éditions Elsevier/Séquoia.


"" La maquette Armageddon/Mach 2 "" 

Je le dis tout de suite (to not give the beginners), maquette vraiment spéciale car je la possédais. C'est à Hoboken (Belgique), il y a quelques années que j'avais acheté cette maquette, ma fois elle n'a jamais été montée et vendu ensuite à un ami. Un autre ami belge m'avais dit la même chose au sujet de cette maquette, surtout sur la présentation du plan, qui est vraiment incompréhensible.
C'est dans un plastique gris clair que cette maquette a été moulée, avec un nombre d'un peu plus de 100 pièces, le plastique étant cassant.
Voilà cette maquette Armageddon.

Guy Boon l'a fait cette maquette avec un très joli diorama, mais m'a dit aussi ce qu'il en pensait. Je vous laisse découvrir ce diorama sur la Vergeltungswaffe I.    




                                                       Guy/Jean-Marie