Iliouchine Il-62 M "Classic".
"" Преемник Туполева Ту-144 ""
Maquette ICM au 1/144. Référence : n°14 406.
Historique : Condensé des pages 1367 et 1368, de l'Encyclopédie de l'Aviation Mach 1, volume 5, aux éditions Atlas, Paris, 1980.
Les avions de transport civils par Kenneth Munson, aux éditions Fernand Nathan, 2e trimestre 1972, traduction et adaptation par Alain Boudier.
Réalisation maquette et diorama par M. Laurent Besançon.
Les photos sont de l'exposition de Labry (54) France en 2020.
Historique : Sergheï Vladimirovitch Iliouchine dota l'aviation soviétique de l'appareil d'assaut le plus redoutable de la Seconde Guerre mondiale.
Les bouleversements sociaux que sont les révolutions sont générateurs de destins exceptionnels. La révolution d'Octobre n'échappe pas à la règle, et Sergheï Vladimirovitch Iliouchine en est certainement l'un des "produits" les plus remarquables. Né le 31 mars 1894 à Diljalevo (près de Vologda (au nord de Moscou), dans une famille de paysans pauvres, il quitta son village natal à l'âge de quinze ans, à la recherche d'un emploi. C'est ainsi qu'en 1910 il se trouvait dans la capitale des tsars, participant, comme terrassier, à la transformation en aérodrome du champ de courses sur lequel étaient appelés à se dérouler les épreuves de la première "semaine aéronautique) de Saint-Saint-Pétersbourg.
Iliouchine fut profondément impressionné par les performances des avions qui y participaient. Ayant assisté en spectateur à la prestation de Nicolaï Levgrafovitch Popov, qui s'adjugea le record d'altitude en montant à 600 m, il devait en dire beaucoup plus tard : "C'est à ce moment-là qu'est née ma passion pour l'aéronautique".
Quand éclata la Première Guerre mondiale, se portant volontaire, Iliouchine quitta son unité d'infanterie pour devenir auxiliaire dans l'aviation. Muté à Saint-Pétersbourg, il fut affecté comme aide-mécanicien dans une unité chargée de la réception des avions Voisin construits dans une usine voisine. Après des mois de démarches " bénéficiant" des saignées que provoquaient dans les rangs des aviateurs les accidents et les pertes au front, Iliouchine fut enfin admis comme élève pilote. Formé par le moniteur Grigorov, il obtint son brevet en juillet 1917.
Remarqué pour ses compétences, Iliouchine fut admis en 1922 à suivre les cours de l'académie Joukovsky, qui formait des ingénieurs pour l'aéronautique militaire. Pendant les quatre ans que durèrent ses études, il anima le club de vol à voile de l'école, obtenant un premier succès le 17 février 1924 lors de la fête des Amis de l'Aviation (Osso Aviachim) avec un planeur de 9 m d'envergure et de 5 m de long pour un poids de 32 kg. Une machine plus ambitieuse (12 m d''envergure, 5 kg/m² de charge alaire) lui permit de remporter le premier concours de vol à voile organisé en territoire soviétique (il se déroula à Koktebel (Crimée) au mois de novembre 1923. Sa dernière et meilleure réalisation en matière planeur fut l'AVF-21 Moska.
Ayant déroché son diplôme d'ingénieur, il fut placé à la tête de la Commission pour la recherche scientifique de l'aéronautique militaire (NTK-GU-VVS), fonction qu'il assuma avec brio jusqu'en 1931, date à laquelle il fut nommé responsable du Bureau central d'étude des prototypes (Tsentralnoye Kontrouktorskoye Byouro, ou TsKB), implanté à proximité de Moscou.
Le 7 février 1977, Sergheï Vladimirovitch Iliouchine s'éteignait à l'âge de quatre-vingt-trois ans. Si le Stourmovik a notablement contribué à la survie de l'U.R.S.S. pendant la Seconde Guerre mondiale, les réalisations ultérieures de son constructeur ont également permis à l'industrie aéronautique soviétique de se hisse au niveau international. Le nom d'Iliouchine est aujourd'hui le symbole de l'avion de transport du bloc socialiste.
Cette vue d'un Iliouchine Il-62 en cours de présentation au Salon de l'aéronautique du Bourget en 1967 permet de découvrir la disposition des réacteurs et la pureté de la voilure.
Source: Avions de légende par Pierre Gaillard, aux éditions Flammarion, Paris, 2002.
Durant la période post-stalinienne où régnait une atmosphère de compétition économique, aussi bien que militaire, entre la Russie Soviétique et les nations occidentales, on a souvent vu le "millésime" d'un avion figurer dans la désignation ou l'immatriculation du prototype. C'est pourquoi on conclut que le saut de 18 à 62 dans la numérotation des deux plus récentes entreprises de Sergei Ilyushin est dû au fait que l'existence de ce dernier arrivant fut révélé en 1962 - exactement le 24 septembre, quand le Premier ministre Kroutchev visita le prototype.
Les formes pures et la configuration générale de ce nouveau long-courrier soviétique font penser manifestement au VC-10 britannique (ou, plus précisément, au Super VC-10 qui lui est plus proche sur le plan capacité). La puissance de ses turboréacteurs double-flux NK-8 est certainement comparable à celle des Conway de l'avion britannique, bien qu'elles soient montées un peu plus à l'extérieur que celles du VC-10.
Quand il fit son apparition, en 1962, l'avion de ligne Iliouchine Il-62 fit sensation. Equivalent du Boeing 707 et du Vickers VC-10, cet appareil rompait avec une tradition selon laquelle les avions de transport de passagers produits en Union soviétique n'offraient qu'un confort rustique. Cet appareil, à présent obselète et d'un coût d'exploitation élevé, continue de servir.
Le Vickers VC-10 fait partie de ces avions qui firent des années 60 l'Âge d'or de l'aviation commerciale à réaction. Cet appareil quadriréacteur fut choisi par BOAC, Ghana Airwaus, British United et bien d'autres compagnies. Une version militaire servit également dans la Royal Air Force. Le succès que rencontra cet avion entraîna la réalisation du Super VC-10, long-courrier transatlantique au fuselage rallongé.
Source des deux photos: Avions du monde aux édition Aerospace Publishing Limited 1995.
Le premier avion de transport long-courrier de la BOAC fut le 707-420 développé spécialement pour cette compagnie. Il était propulsé par les premiers moteurs à double flux, Conway, de Rolls-Royce. Au milieu des années 1960, cet appareil fut suivi par le Super-VC-10 et cet appareil était toujours en service tant à la BOAC qu'à la BEA au moment où eut lieu leur fusion pour donner naissance à la British Airways.
Source: Les avions de ligne aux éditions Princesse 1979.
Le turboréacteur Rolls-Royce Conway à double-flux.
Source: La revue Science et Vie, numéro hors-série Aviation de 1961.
Une des nacelles arrière du quadriréacteur BAC VC-10 équipé de Conway RCo 42 à double-flux.
Source: La revue Science et Vie, numéro hors-série Aviation de 1965.
Les carénages en forme d'obus qui apparaissent au bout des ailes de l'Il-62 contiennent les sorties d'air chaud du circuit de dégivrage de la cabine, le dispositif vide-vite ainsi que divers équipements, et les feux de bord. En attendant que la version définitive des moteurs NK-8 soit disponible, les premiers essais en vol de l'Il-62 furent menés par un petit nombre (le chiffre rapporté varie de trois à cinq) d'avions de pré-série équipés de réacteurs Mikulin AM-3M; le premier vol, effectué par le vétéran pilote d'essais Vladimir Kokkinaki, eut lieu en janvier 1963.
L'avion fut dévoilé au public à Vnukovo au printemps 1965 et l'appareil exposé au Bourget au mois de juin (CCCP-06176) supposé être la troisième machine) avait été entre-temps rééquipé de turboréacteurs double-flux Kuznetsov. Parmi les autres modifications mineures que l'on put remarquer à cette époque, notons l'extension du bord d'attaque incliné de l'aile et le train d'atterrissage avant plus court. La production de l'Il-62 débuta en 1965; il fut mis en service par l'Aeroflot l'année suivante et pouvait être exporté en 1967. Il existe quatre aménagements intérieurs allant de la version couchettes de 60 places à la version en classe économique de 186 places. Selon les versions, les sièges sont disposés par rangées de cinq ou six. On estime que l'Aeroflot possédait environ cinquante de ces avions à la fin de 1970; les exploitants étrangers comprennent CSA et Interflug, qui en possèdent chacune trois.
Moteurs sur le fuselage, à l'arrière : le quadriréacteur Iliouchine 62 reprend, avec deux nacelles doubles, une disposition identique à celle de la "Caravelle".
Source: La revue Aviation Magazine International (25ème Anniversaire) n°681 de mai 1976.
En 1970, une version à plus grande capacité et à plus grand rayon d'action, l'Il-62-M-200, fit son apparition. Ce dernier peut transporter jusqu'à 198 passagers dans un fuselage d'Il-62 standard aux dimensions inchangées.
Les principales modifications extérieures sont la suppression des carénages de bout d'aile, ce qui réduit l'envergure totale, et l'installation de réacteur à double-flux Soloviev D-30-KU de 1 100 kg de poussée statique, portant ainsi le rayon d'action à 8 000 km avec une charge marchande de 2 300 kg.
"" Principaux pays utilisateurs ""
URSS - RDA - Tchécoslovaquie - Pologne - Bulgarie.
"" Caractéristiques de l'Iliouchine Il-62 M ""
Type : Avion de transport de personnalités.
Moteurs : 4 réacteurs Soloviev D-30-KU double-flux de 1 100 kg.
Performances : Vitesse maximale, 900 km/h; distance franchissable, 7 800 km.
Masse : A vide, 69 400 kg; maximale au décollage, 165 000 kg.
Dimensions : Envergure, 43,20 m; longueur, 53,12 m; hauteur, 12,35 m; surface alaire, 282,20 m².
"" Les versions de l'Iliouchine Li-62 ""
Il-62 : Version de série initiale capable d’accueillir un équipage de 5 membres et 186 passagers.
Il-62 M : Version équipée de réacteurs plus puissants Soloviev D-30K et disposant d'une capacité en carburant accrue, d'un conteneur de bagages et de fret de même que d'autres améliorations.
Il-62 MK : Version équipée d'ailes renforcées et d'un train d'atterrissage qui lui permet d'opérer à un poids élevé; capacité de 195 passagers.
"" Le turboréacteur Soloviev D-30 ""
Le réacteur qui équipe l'Iliouchine Il-62 est un turboréacteur à by-pass. Le compresseur BP à flux axial comporte 4 étages, le 1er étant transsonique. Il tourne à 8 000 t-min (poussée maximale au décollage, conditions standard).
Le compresseur HP à flux axial comporte 10 étages. Il tourne à 11 600 t-min (poussée maximale au décollage, conditions standard).
La chambre de combustion comporte 12 tubes à flammes. Le premier rotor de turbine à flux axial, comporte 2 étages, le 1er étant refroidi, le deuxième rotor de turbine, à flux axial, comporte 2 étages. La température des gaz avant turbine est de 1 300°K.
Le deuxième rotor de turbine entraîne le compresseur BP; le premier rotor de turbine entraîne le compresseur HP. Ces deux ensembles ne sont pas liés mécaniquement.
La tuyère d'éjection double est fixe et hypercritique.
La grille d'entrée fixe, le premier étage du compresseur BP, les aubes fixes et le rotor du compresseur HP sont en titane. Les aubes mobiles sont en titane et alliage léger.
L'Il-62 retenait la même configuration que le VC-10, avec ses quatre réacteurs accolés au fuselage près de l'empennage vertical et sa dérive en T. Toutefois sa structure est bien plus robuste. Plusieurs forces aériennes d'états socialistes mirent en service l'Il-62 qui fut alors baptisé "Classic" par l'OTAN. Aujourd'hui encore il assure cette mission, bien que les personnalités aient changées.
Source : Fiche technique Edito-Service S.A. aux éditions Atlas (Photo D.R.).
"" La réalisation de M. Besançon ""
Jean - Marie










Commentaires
Enregistrer un commentaire