Hommage à Charles (Chuck) Yeager 13 février 1923 - 7 décembre 2020.

 



"" The first to cross the "Sound barrier" ""




Historique : La revue l'Encyclopédie de l'Aviation n°176, aux édition Atlas s.a., Paris, 1984.






 

Au terme de sa carrière militaire, le Brigadier General Chuck Yeager continua à voler et travailla comme consultant pour la firme Northrop. Il pose ici devant le F-20.

Source: La revue Avions et Pilotes n°36 aux éditions Atlas  s.a., Paris, 1990.


Né en février 1923 aux Etats-Unis, Charles "Chuck" Yeager s'engagea à dix-huit ans dans l'US Army Corps. D'abord mécanicien, il obtint son brevet de pilote en 1941, année où son pays entra en guerre. Bientôt pilote d'essai, il rejoignit le centre de formation du 357th Fighter Group, équipé de Bell P-39 Airacobra (sur cet avion voir le blog). Durant cette période, son calme et sa remarquable maîtrise furent mis à rude épreuve : une première fois, au retour de mission, il réussit à poser son appareil en catastrophe après la défaillance du train d'atterrissage; une autre fois, il parvint à sauter en parachute de son avion en flammes.

En novembre 1943, Yeager suivit son unité en Angleterre, où elle reçut les nouveaux North American P-51B Mustang, constituant ainsi la première formation de chasse de la 8th Air Force à mettre en oeuvre cet appareil à long rayon d'action. Il s'illustra souvent, menant notamment à bien des raids sur l'Allemagne. Mais au début de l'année 1944,  son avion fut abattu dans le sud-est de la France, et le pilote ne dut d'avoir la vie sauve qu'au bon fonctionnement de son parachute. Victime de multiples fractures, Yeager fut, par bonheur, recueilli par des résistants qui lui permirent après sa guérison, de gagner clandestinement l'Espagne.

Dès juillet, il put rejoindre son unité, alors basée à Leiston, dans le Suffolk. Pilotant son Mustang personnel, baptisé "Glamorous Glen III", il se montra de nouveau d'une grande efficacité lors des nombreuses attaques menées en territoire ennemi.

Dessin du P-51 Mustang personnel de Chuck Yeager le "Glamorous Glen III".  Yeager réussit à descendre son premier à réaction en dépit des tirs nourris de la Flak. Il endommagea gravement un Me 262 qui s'apprêtait à atterrir et s'en tira sain et sauf.
Source: La revue Avions et Pilotes n°36  aux éditions Atlas s.a., Paris, 1990.

Le 12 octobre 1944, à la tête du 357th Fighter Group, dont l'objectif était Brême, Yeager combattit une formation de Messerschmitt Bf 109 (sur cet avion voir le blog) et détruisit à lui seul cinq appareils : en une seule mission,il inscrivit son nom au prestigieux palmarès des as. Il récidiva quelque temps plus tard en abattant notamment quatre Focke Wulf Fw 190 (sur cet avion voir le blog) pendant la bataille de Magdeburg.
Au total, Yeager avait descendu treize avions ennemis en soixante-quatre missions lorsqu'il revint aux Etats-Unis, en février 1945. Au cours de l'été de la même année, grâce à sa connaissance des techniques et du pilotage, acquise sur le théâtre d'opérations européen, ses supérieurs lui proposèrent de devenir pilote d'essai à Wright Field. Là, il travailla au développement des programmes du Lockheed P-80 (sur cet avion voir le blog) et du chasseur Republic P-84 (sur cet avion voir le blog). Simultanément, il participa à la commission chargée d'évaluer les avions allemands et japonais capturés par les Alliés; en outre, en tant que pilote d'essai à l'école de Muroc (Californie), où il demeura jusqu'au mois de septembre 1954, il sut communiquer son expérience du combat, formant lui-même les jeunes aviateurs de l'US Air Force. Mais Charles Yeager, surnommé amicalement "Chuck" par ses camarades entra surtout dans la légende de l'aviation par l'exploit qu'il accomplit en franchissant, avec un appareil expérimental, le mur du son.
Pendant la guerre, de nombreux pilotes avaient eu entre les mains des avions hautement performants. Mais les fortes vibrations dues à une vitesse trop élevée entravèrent souvent le bon contrôle des engins, qui se désintégrèrent quelquefois. Les ingénieurs cherchèrent donc à créer un appareil qui, lancé à une grande vitesse, resterait tout à fait maîtrisé par le pilote. Atteindre ce but constituait un véritable défi, puisqu'il n'existait ni simulateurs ni essais de soufflerie efficaces.
Ainsi, l'USAF, qui avait commencé en 1944 une recherche poussée sur la compressibilité, passa avec la société des avions Bell, de Buffalo, un accord pour la construction d'un engin spécial, pouvant atteindre une vitesse supersonique. Le projet retenu fut celui d'un avion bien profilé (pour en établir les plans, les ingénieurs s'inspirèrent de la balle de Colt 45), propulsé par quatre moteurs-fisées surpuissants, seules capables de fournir l'énergie nécessaire à la performance visée. Mais, pour ne pas gaspiller le carburant, qui devait être consommé en seulement deux minutes et demie, le XS-1 (désigné finalement X-1) serait lancé depuis un B-29 Superfortress.   

Appareil légendaire, le Bell X-1 est entré dans l'histoire avec Charles Yeager le 14 octobre 1947 lorsqu'il franchit, pour la première fois, le mur du son.

Source: Fiche technique Edito-Service S.A., aux éditions Atlas (Photo collection Bernard Thouanel).

Pour le besoin du flm "The Right Stuff" (en français l’Étoffe des Héros), la Confederate Air Force a fourni le B-29 utilisé dans ce film; le Bell X-1 est maquette grandeur nature.

Source: La revue Air International de janvier 1984. 

Vue sur les quatre moteurs-fusées surpuissant. Les quatre chambres de combustion du Bell X-1, dispositif qui semble bien petit en regard à la taille de l'avion (Photo Bell).

Source: La revue Réplic n°78 de février 1998.

Des accidents survenus au cours de la préparation, et notamment la mort du pilote Geoffrey De Havilland lors d'essais, retardèrent le développement du programme, que certains voulurent même abandonner.

Cependant l'Air Force poursuivit son projet et trouva des pilotes de chasse volontaires pour le mener à bien, parmi lesquels Yeager. De petite taille, ce qui lui permettait de manœuvrer au mieux l'avion-fusée, ce dernier bénéficiait d'une solide expérience de pilote d'essai.

Le XS-1 fut achevé en décembre 1946 et bientôt, après une période d'essais techniques, se trouva prêt à l'envol, à partir de la longue piste du lac asséché de Muroc.

Plusieurs fois retardé par la météorologie, le décollage eut lieu finalement le 14 octobre 1947. Yeager prit place à bord du XS-1, accroché ai B-29. L'engin était particulièrement inconfortable : l'étroitesse de l'habitacle contraignait le pilote, le corps compressé à rester plié, les genoux à la hauteur des yeux, la tête touchant la verrière.

C'est lancé à 400 km/h, à une altitude de 8 000 m, que le B-29 lâcha l'avion-fusée. Yeager alluma les moteurs, et la poussée de près de 3 000 kg propulsa l'appareil vers la stratosphère. A 85 % de la vitesse du son, le pilote ressentit les premières vibrations importantes, et à 94 %, il constata qu'il ne contrôlait plus l'engin.

Cependant il put modifier l'angle d'incidence; Yeager manœuvra le XS-1 avec le stabilo pendant tout le vol, et les secousses s'apaisèrent. Avant l'épuissement du carburant, le XS-1 avait atteint Mach 1,06 (1 080 km/h), réussissant pour la première fois à vaincre le mur du son. Après un vol plané de 7 mn 30 s, l'engin se posa à près de 300 km/h sur les 20 km de piste du lac asséché de Muroc. Toutefois, cette performance ne fut pas homologuée, et ce, en raison de la façon dont le XS-1 avait été mis en action. 

 

C'est largué d'un Boeing B-29 à plus de 8 000 m d'altitude que l'avion-fusée Bell XS-1, piloté par Slick Goodlin, effectua son premier vol le 9 décembre 1946. Avec "Chuck" Yeager aux commandes, il fut le premier à franchir le "mur du son", le 14 octobre 1947 (Photo Arch. Rotondi).

Source: L'Encyclopédie de l'Aviation Mach 1, aux éditions Atlas, Paris, 1981.

Yeager vola sur Mustang pendant la guerre 1939-1945.
Source: L'Encyclopédie de l'Aviation n°176 aux éditions Atlas s.a., Paris, 1984.

Yeager continua à consacrer sa carrière aux avions hautement performants et contribua, notamment chez Bell, à la mise au point d'appareils dépassant 1 600 km/h et montant à plus de 21 000 m. En décembre 1953, pilotant le Bell X-1A, il établit un nouveau record de vitesse, dépassant Mach 2 (2 650 km/h) et évoluant sans difficulté à plus de 23 000 m du sol. L'année suivante, le Major Yeager fut réintégré dans une unité opérationnelle et, en octobre, il reçut le commandement du 417th Fighter Squadron, basé en Allemagne.
Quelques temps plus tard, il retournera aux Etats-Unis et, à partir de juin 1961, accomplit de nouveau un travail d'essais, bien que sa fonction comportât surtout des aspects administratifs. En juillet 1966, Yeager prit le commandement d'une formation de chasse dans le Sud-Est asiatique, où il effectua près de cent trente missions. Enfin, il passa les dernières années de sa carrière en Allemagne fédérale, en tant que commandant en second de la 7th Air Force.
Atteint par la limite d'âge en 1975, il cessa ses activités avec le grade de Brigadier-General. Charles Yeager comptabilisait alors plus de dix mille heures de vol sur cent cinquante-cinq avions différents.    

Le Bell X-1, propulsé par fusée à liquides, a atteint pour la première fois au monde la vitesse de Mach 1 le 14 octobre 1947. On voit ici le X-1A de seconde génération. Il atteint Mach 2,4 le 12 décembre 1953, mais a été détruit le 8 août 1954.
Source: Avion de légende de Pierre Gaillard aux éditions Flammarion, Paris, 2002. 
Yeager, photographié en compagnie de sa femme, à bord d'un hélicoptère Bell 47.
Source: L'Encyclopédie de l'Aviation n°176 aux éditions Atlas s.a., Paris, 1984.



Jean - Marie


                       



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