Le Nakajima J1N1-S "GEKKO". Type 11 (Irving).







"" Le clair de lune connut une mise au point difficile ""


Maquette Tamiya au 1/48.   Référence n°78.





Historique : La revue C*A*C Camouflage Air Journal, volume 8 n°3 de juin/juillet 1974.
Texte et dessins de Jacques MOULIN, photo de Hidéo MIYASAKA.

Collection personnelle de mon ami Guy Vaugeois aujourd'hui disparu.

Sur le sujet voir aussi : Les avions volume 4 de E. Angelucci et P. Matricardi.
Les chasseurs Japonais de la Deuxième Guerre mondiale n°7 aux éditons Docavia/Larivière. 


Réalisation de Mikato (surnom) du Maquette Club Thionvillois 57 (FRANCE).





Historique : En 1936, dans le monde entier, les aviations militaires avaient soit en étude, soit en réalisation, des chasseurs bimoteurs à long rayon d'action.
L'aviation  navale japonaise, qui n'avait pas d'appareil correspondant à cet usage, lança une spécification très sévère (Plan 13 Shi) exigeant en particulier :
-- Manœuvrabilité équivalente à un chasseur monomoteur.
-- Vitesse 518 km/h.
-- Rayon d'action normal 1 200 km.
-- Rayon d'action avec réservoirs supplémentaires 1 850 km.
-- Armement, 4 mitrailleuses de 7,7 mm.

Mitsubishi et Nakajima, les deux principaux constructeurs nippons, furent consultés, mais rapidement le premier fut relevé de sa participation. Un contrat pour le développement du projet fut confié à Nakajima sous la désignation J1N1 (J pour intercepteur basé à terre, 1 pour première réalisation dans ce type d'avion, N pour Nakajima, 1 pour première version.

Le premier prototype vola en mai 1941. C'était un bimoteur triplace de construction métallique à aile basse, équipé de volets spéciaux et de fentes d'aile pour satisfaire la maniabilité demandée, l'armement arrière de quatre 7,7 mm, montées deux par deux sous tourelles télécommandées, manœuvrées par le navigateur.
Les essais du J1N1 démontrèrent une excellente manœuvrabilité avec l'aide des volets ouverts à 150° et les fentes de bords d'attaque des ailes, le rayon de virage était égal à ceux des chasseurs monomoteurs, mais des effets de roulis et des vibrations apparaissaient à grande vitesse. L'impossibilité de remédier à ces inconvénients amena l'Etat Major de la marine à refuser l'avion comme chasseur bimoteur à long rayon d'action.
Cependant, débarrassé de son lourd armement dorsal, l'appareil fut tranformé en avion de reconnaissance sous l'appellation J1N1-C et construit en série. Il entra en service dans les formations japonaises basées aux Iles Salomon au printemps 1943. Une variante, équipée d'un canon de 20 mm sous tourelle dorsale, pour la défense arrière, fut dénommée J1N1-F mais non produite en série.
  
J1N1-S équipé d'un radar, testé aux USA en 1946.
Source: La revue Camouflage Air Journal volume 8 n°3 de juin/juillet 1974.


A cette époque, les premiers bombardements de nuit effectués par les B-29 "Superfortress" et les B-24 "Liberator", démontrèrent aux Japonais l'urgent besoin en chasseur de nuit, spécialité qu'ils avaient délaissé jusque là.
Un officier du 251ème Corps aérien, le commandant Yasuna Kosono, proposa un nouveau sustème d'armement pour les avions qui essayaient d'intercepter les raiders ennemis : 
Il prévoyait le montage en oblique d'armes sur et sous le fuselage pour permettre le tir dans les angles morts de la défense des bombardiers. Quelques J1N1-C de reconnaissance furent ainsi transformés en chasseur de nuit par l'installation, à mi-longueur du fuselage, de deux mitrailleuses nouveau modèle, calibre 7,8 mm, tirant vers l'avant au dessus et au dessous de l'axe de vol, suivant un angle de 30°.
Les premiers essais opérationnels eurent lieu à partir de Rabaul, en Nouvelle Bretagne, une nuit de mai 1943, deux J1N1-C ainsi transformés attaquèrent et abattirent deux B-24. Dans ce résultat encourageant, l'Etat Major de la Marine fit lancer en série la construction du J1N1-S (S pour chasseur de nuit) baptisé "Gekko" (Clair de lune), avec un équipage ramené à deux hommes et les deux mitrailleuses remplacés par quatre canons de 20 mm. Quelques appareils reçurent aussi un projecteur dans la pointe avant, débarrassé de son armement.

Une des premières B-29 "Superfortress", la plupart n'étaient pas camouflées.
Source: Le monde de l'Aviation de Chris Ellis aux éditions Princesse, Paris 1977.

Un "Liberator", recouvert d'un camouflage ocre clair dont les pigments viraient au rose sous l'action du soleil. Ce camouflage était caractéristique des avions affectés au-dessus des contrées désertiques pendant la Deuxième Guerre mondiale. Ce B-24D porte les couleurs de l'escadron "Pyramiders" basé au Proche-Orient. Il porte des décorations de propagande à la gloire de la 9e Air Force américaine.   (Collection G. Grod).
Source: B - comme Bombardier par Alain Pelletier aux éditions Larivière 1996. 

Vue sur un J1N1-S du Yokosuka-Kokutai (Corps Aérien Naval), attaché à la base de Yokosuka.   (Photos de Hideo MIYASAKA).


Peints en vert foncé sur les surfaces supérieures et gris clair dessous, capot moteur noir et casseroles d'hélices marron, bandes d'identification jaune sur le bord d'attaque des ailes, mais le plus souvent entièrement en noir mat, les Gekko", ou "Irving" dans le Code Pacifique, obtinrent de nombreux succès contre les B-24. Mais à partir du milieu de l'année 1944, basés à Atsugi, près de Yokohama, pour participer à la défense du territoire national, ils furent pratiquement impuissants contre les B-29, rapides, bien armés, et disposant d'un plafond supérieur.
Une version, équipée d'un radar d'interception dans le nez, fut construite un peu avant la fin de la guerre. Une appareil, non camouflé et codé 700 sur la dérive, fut emmené aux Etats-Unis en 1945 aux fins d'évaluation.
Comme beaucoup de ses congénères le J1N1 participa aux attaques suicides menées à Okinawa par les pilotes de la marine japonaise.


"" Camouflage des J1N1-S et C ""

1) J1N1-S - Yokosuka Kokutai 1944/45: Entièrement noir mat, bandes de reconnaissance jaune sur les ailes, codes et bandes rouge sur la dérive.
2) J1N1-S - 251 ème Kokutai, Rabaul 1943 : Entièrement noir mat, bandes de reconnaissance jaune sur les ailes, codes blanc sur la dérive.
3) J1N1-C - 302 ème Kokutai Base aéronavale d'Atsugi 1944/45 : Dessus vert foncé, dessous gris clair, capots moteur noir, casseroles d'hélices marron, bandes jaune sur les ailes, codes blanc, Hinomaru cerclé de blanc sur le fusalage.
4) J1N1-C - Yokosuka Kokutai 1944/45 : Entièrement noir mat, bandes jaune sur les ailes, codes blanc.

Tableau des camouflages.           Source: La revue Camouflage Air Journal, volume 8 n°3.


"" Caractéristiques du J1N1-S ""

Équipage : 2 hommes.
Envergure : 16,98 m.
Longueur : 12,18 m.
Hauteur : 4,56 m.
Surface alaire : 40 m².
Poids à vide : 4 650 kg.
Poids total en charge : 6 920 kg.
Essence : 2460 litres.
Moteurs : 2 Nakajima Sakaé 21 x 1120 cv.
Vitesse maximum : 507 km/h à 5 000 m.
Vitesse ascensionnelle : 5000 m en 9 mn.
Plafond : 9 320 m.
Autonomie normale : 2 550 km à 333 km/h.
Avec réservoirs supplémentaires : 3 750 km à 333 km/h.
Armement : 4 de 20 mm.

"" Caractéristiques du J1N1-C ""

Équipage : 3 hommes.
Envergure : 16,98 m.
Longueur : 12,18 m.
Hauteur : 4,56 m.
Surface alaire : 40 m².
Poids à vide : 4 827 kg.
Poids total en charge : 7 250 kg.
Essence : 2460 litres.
Moteurs : 2 Nakajima Sakaé 21 x 1130 cv.
Vitesse maximum : 507 km/h à 5 000 m.
Vitesse ascensionnelle : 5000 m en 9 mn.
Plafond : 9 000 m.
Autonomie normale : 2 550 km à 333 km/h.
Avec réservoirs supplémentaires : 3 750 km à 333 km/h.
Armement : 1 de 7,7 mm. 

Ce moteur dut sa célébrité au fait d'avoir propulsé, en différentes versions, le chasseur embarqué Mitsubishi A6M Reisen, l'immortel Zéro. Les Japonais développèrent le Sakaé (Prospérité) en plusieurs versions et les propulseurs des dernières séries développaient une puissance allant de 1 100 à 1 200 cv.
Ce moteur se présentait sous la forme d'un radial à quatorze cylindres en étoile double, doté d'un compresseur mécanique à deux vitesses. La cylindrée totale était de 27,8 litres, le rapport de compression de 7 : 1. Le moteur avait un diamètre de 114,4, une longueur de 160 et son poids à sec s'élevait à un peu plus de 533 kg.
Source: Les avions volume 4 de E. Angelucci et P. Matricardi aux éditions Bordas 1982.
Plan de plusieurs vues.                 Source: La revue Camouflage Air Journal, volume 8 n°3.


"" La maquette Tamiya au 1/48 ""



 
 
 




Mikato / Jean-Marie






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