Le bombardier Amiot 143M.






"" Un appareil rustique mais peu élégant ""
                                                                                                           Maquette de la marque SMER au 1/72.    Réf: n°845.



Historique : La revue Mach 1 n°3 aux éditions Atlas.
L'Encyclopédie de l'Aviation n°208 aux éditions Atlas.



Maquette réalisée par Thierry Dintzer du club d'Ostheim en Alsace (France).



Historique : Lorsque, au mois de mai 1940, les groupes de bombardement de l'armée de l'Air durent tenter de s'opposer à l'invasion allemande, les unités encore dotées d'Amiot 143 furent jetées dans la bataille aux côtés de celles qui venaient de recevoir des appareils modernes. Leur matériel n'était pas véritablement ancien, puisque les Amiot n'étaient entrés en service qu'un peu moins de cinq ans plus tôt; dès les premières missions, pourtant, leurs performances se révélèrent totalement insuffisantes, et leur vulnérabilité prit un caractère proprement dramatique.

L'Amiot 143 mettait en pratique les conceptions, datant de la fin de la Première Guerre mondiale, sur les structures à revêtement travaillant en alliage léger, mais son esthétique comme son aérodynamisme laissaient à désirer.
C'était un grand monoplan à ailes hautes, propulsée par deux moteurs Gnome-Rhône 14K Mistral Major de 870 ch noyés dans une voilure dont l'épaisseur était telle qu'elle permettait au mécanicien d'accéder en vol non seulement à la partie postérieure du moteur, mais encore aux réservoirs d'essence dans la section externe de l'aile.
Le fuselage, de section rectangulaire, comportait un vaste poste à deux niveaux, largement vitré sur ses parties latérales et inférieure, destiné à loger cinq hommes d'équipage; le pilote occupait le niveau supérieur, le niveau inférieur étant réservé au navigateur bombardier et à l'opérateur radio.
L'armement défensif de l'Amiot 143 comportait quatre mitrailleuses MAC 1934 de 7,5 mm tirant tous azimuts, soit à partir d'une tourelle avant et d'une tourelle dorsale, toutes deux mues manuellement, soit d'une trappe ouverte dans le plancher, soit encore d'un poste ventral arrière, éliminant ainsi les angles morts.
La charge de bombes transportées (900 kg) était répartie en soute, sur le côté gauche du poste inférieur et accrochée sous la voilure. Avec une autonomie de près de 1 200 km et une vitesse maximum de 357 km/h (qui était à peu près celle des biplans de chasse de l'époque), l'Amiot 143 était un appareil rustique, intéressant et capable de bonnes performances malgré son énorme carénage de train et l'absence de volets d'intrados.
Dérivé du prototype Amiot 140, on voit ici un Amiot 143 sur le terrain de Doncourt-Les-Conflans 54 (France), au début de la dernière guerre.
Collection personnel.

"" Une conception radicalement différente ""
Le développement de la formule de base, représentée par l'Amiot 143, atteignit très vite son stade ultime avec l'Amiot 144, à train rentrant et volets d'intrados, qui fut abandonné en 1937.
En 1934, le bureau d'études Amiot, dirigé par l'ingénieur en chef Caloy, était persuadé que seul un changement révolutionnaire, aussi bien dans la forme de la cellule que dans le profil de la voilure était susceptible d'améliorer radicalement les performances des appareils de bombardement.
Négligeant donc les exigences du programme BCR de 1933, les tourelles mobiles interdisaient tout progrès dans la voie de l'aérodynamisme, le bureau d'études de la SECM étudia un fuselage de section circulaire et de contour symétrique dans lequel se trouvaient noyés les trois postes de tir prévus, ainsi qu'une nouvelle voilure trapézoïdale. Baptisé E7 par la compagnie, cet appareil, présenté en maquette au Salon de l'aéronautique de 1934, n'avait sans doute pas, tant par l'élégance de ses lignes que par ses performances estimées (414 km/h à 5 000 m), de rival dans le monde.
L'Amiot 144 se différenciait de son prédécesseur, l'Amiot 143M, essentiellement par son train d'atterrissage escamotable. Les ingénieurs n'obtinrent cependant qu'un gain de traînée assez peu important avec cet appareil.
Source: L'Encyclopédie de l'Aviation n°208 aux éditions Atlas. Coll. J. Mesnard.

"" Les Amiot 143 se sacrifient à Sedan ""
Livrés régulièrement depuis 1934, les Amiot 143 équipèrent à partir d'août 1935 une première unité de bombardement, le GB III/22, basé à Chartres. Vers la fin de l'année, le total des appareils commandés à la SECM s'élevait à cent cinquante-trois exemplaires.
Le 1er septembre 1939, les Amiot 143, après avoir subi quelques modifications de détail, entrèrent en opération; on était encore confiant dans leurs qualités d’endurance et de robustesse, bien qu'un certain nombre d'unités eussent été dotées d'appareils plus rapides et plus modernes.
An cours de l'hiver 1939-1940, lors de la "drôle de guerre", les Amiot 143 effectuèrent de nombreux vols au-dessus de l'Allemagne, afin d'y lancer des tracts et d'y accomplir des missions photographiques, à l'exclusion de tout acte de bombardement.
Les principales unités engagées étaient les GBI/34, II/34, II/35, I/38 et II/38, basées à Dugny pour la 34e escadre, à Bron pour la 35e et à Metz pour la 38e. Toutes étaient bien placées pour être immédiatement lancées dans le feu de l'action lors du déferlement allemand du 10 mai 1940, qui pulvérisa les dispositifs de combat alliés.   
Alignement d'Amiot 143 appartenant à la 4e escadrille du groupe de bombardement II/22 sur le terrain de Chartres au cours des années trente. Ces bombardiers lents et démodés étaient réservés aux missions de nuit lorsque la guerre commença, en septembre 1939.
Source: L'Encyclopédie de l'Aviation n°208 aux éditions Atlas. SHAA.
Pour des missions de sacrifice, le bombardement, la reconnaissance et l'observation perdirent de 30 à 40% de leurs effectifs en 46 jours. Ici un équipage devant un Amiot 143.
Source:Air Actualités, le magazine de l'Armée de l'Air n°433 de juin 1990.

Engagés dans des attaques désespérées et souvent mal à propos, les Amiot 143 intervinrent dès les premiers jours de l'offensive allemande sans le moindre espoir de succès. Lancés par des ordres incohérents dans des missions meurtrières, sans coordination avec les autres unités aériennes ou les troupes au sol, les Amiot 143 pouvaient être efficaces grâce à leur long rayon d'action et avoir une petite chance de revenir indemnes à leur base.
La majorité des équipages étaient bien entraînés, et il est probable qu'ils étaient meilleurs que ceux de la RAF ou de la Luftwaffe lorsqu'il s'agissait de repérer et d'atteindre des cibles la nuit sans le secours de la radio. 
Les objectifs assignés aux Amiot 143 s'étendaient de la frontière suisse à la côte belge; il s'agissait particulièrement de voies ferrées et de routes, dont on espérait que la destruction retarderait l'avance des blindés allemands. 
Le prototype Amiot 140, dont était dérivé l'Amiot 143 (photo M. Passingham).
Source: La revue Mach 1 n°4 aux éditions Atlas.
Formation d'Amiot 143 en vol. Dérivé du prototype Amiot 140, ce bombardier équipa en premier lieu le GB III/22, en 1935, et effectua de nombreux raids nocturnes au-dessus de l'Allemagne en 1939 et 1940. Malgré sa rusticité, il était capable de bonnes paerformances (photo Service historique de l'armée de l'Air).
Source: La revue Mach 1 n°4 aux éditions Atlas. 

Le 14 mai cependant, la décision fut prise d'attaquer de jour une cible que le haut commandement allié estimait vitale : les ponts sur la Meuse aux alentours de Sedan, par lesquels se ruait la Wehrmacht. L'attaque fut conduite en milieu d'après-midi, à une altitude de moins de 770 m. Un par un, treize appareils des GB 1/38 et II/38 firent une passe au-dessus des ponts au milieu d'un enfer de feu déclenché par la DCA légère allemande.
Sans doute les chasseurs de la Luftwaffe furent-ils également engagés durant le trajet de retour, mais il n'y a sur ce point aucune certitude, car un seul Amiot 143 rentra à sa base, et encore était-il presque incapable de tenir l'air.
La tourelle avant de l'Amiot 143, armée d'une mitrailleuse MAC type T. Les postes de tir qui assuraient la défense de cet appareil couvraient théoriquement tous les secteurs. Au début des années trente, l'idée prévalait selon laquelle les bombardiers étaient capables d'assurer leur propre défense.
Source: L'Encyclopédie de l'Aviation n°208 aux éditions Atlas. SHAA

Les survivants des groupes de bombardement reprirent leurs longues missions nocturnes, répandant sur l'Allemagne, dans des conditions extrêmement difficiles, plus d'un milliard de tracts et 154 000 kg de bombes, ne perdant alors que quatre appareils.
A l'armistice, il ne restait plus que vingt-quatre Amiot 143, qui gagnèrent le sud de la France et l'Afrique du Nord, où ils furent basés à Oujda (Maroc) comme GT III/15 (groupe de transport) jusqu'au milieu de 1942. Après le débarquement allié, il devint le GT I/36 et participa à la campagne de Tunisie. Un dernier Amiot 143 volait encore en 1944.
Rassemblement d'Amiot 143 lors des grandes manœuvres aériennes d'octobre 1938.
Source: La revue Mach 1 n°4 aux éditions Atlas.


"" Caractéristiques de l'Amiot 143M ""
Type: appareil de bombardement et de reconnaissance bimoteur de 4 à 6 places.
Moteurs: (143M) 2 Gnome-et-Rhône 14 Kirs ou Kjrs Mistral Major développant chacun 870 ch (649 kW) à 3 215 m et 900 ch (671 kW) à 4 210 m.
Performance: vitesse maximale à 4 000 m, 310 km/h; vitesse de croisière à 4 000 m, 270 km/h; plafond pratique, 7 900 m; rayon d'action, 1 200 km.
Poids: à vide, 6 100 kg; maximal au décollage, 9 700 kg.
Dimensions: envergure, 24,50 m; longueur, 18 m; hauteur, 5,50 m; surface alaire, 100 m².
Armement: (pour les 41 premiers appareils de série) mitrailleuses MAC de 7,5 mm, 1 dans la tourelle de nez, 1 en tourelle dorsale, 1 ventrale et 1 dans le nez tirant sous le fuselage, et plus de 800 kg de bombes en soute.
"" Les versions ""
Amiot 140: 2 prototypes.
Amiot 142: 1 prototype modifié.
Amiot 143: présérie et série, 138 construits.
Amiot 142 (modifié): développé à partir du 3e prototype, mais avec des moteurs différents (1 exemplaire).
Amiot 144: 1 exemplaire à la voilure modifiée, doté d'un train d'atterrissage escamotable.
Amiot 150M: prototype d'un bombardier torpilleur et de reconnaissance, avec 2 moteurs Gnome-et-Rhône en étoile de 740 ch (552 kW) et des roues interchangeables avec des flotteurs.
L'Amiot 150M se caractérisait par ses flotteurs volumineux et par son empennage à double dérive. Un accident interrompit les essais de cette machine dont les performances furent très peu importantes.
Source: L'Encyclopédie de l'Aviation n°208 aux éditions Atlas.  Coll. J. Mesnard.


"" La maquette du 143M par Thierry ""
Profil couleur parut dans le n°208 de la revue L'Encyclopédie de l'Aviation aux éditions Atlas. Ce dessin est de Jean-Jacques Petit, et a servit de base pour la maquette de Thierry.

Tout le monde se rappelle de la série "Heller Musée", notre fabricant national nous avais sortit tous les avions français de la Deuxième Guerre mondiale, parmi eux figurait l'Amiot 143.
La marque Smer a donc repris le moule Heller, et la maquette a été reboitée et remise sur le marché. Comme me dit Thierry dans un petit mot, rien n'a changé, l'intérieur du fuselage était toujours aussi vide.
Thierry a passé 94 heures pour faire cette maquette : il a donc recréé tout l'intérieur (merci la documentation), repris les lignes de structure et reproduit les volets des moteurs.
Pour la décoration, tout a été fait à l'aérographe (ainsi que les décalques), à part l'oiseau blanc visible sur le fuselage, car les décalques Smer sont trop fines, le bleu et le rouge des cocardes déteignaient sut le blanc; en plus, le bleu ressemblait plus à un bleu anglais qu'à un bleu français (plus clair).
Cerise sur le gâteau: Cette maquette a reçu la médaille d'argent à l'exposition de Fleurus (Belgique) en 2014, dans la catégorie "confirmés". 

"" Les photo de la maquette ""

"" Un autre Amiot 143 ""
Vu dans une exposition organisée par l'association THANKS GIs de Corny-sur-Moselle 57 (France) en 2009. 

                                                              Thierry/Jean-Marie





















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