Le Sud-Ouest SO.6000 Triton

Le SO.6000 Triton
                                                                                                                                             Maquette Dujin au 1/72.  Réf: ...


Maquette montée par Emmanuel du club maquettiste de Labry

Avant de faire la description de cette maquette, je tiens à rendre hommage à Jean-Pierre Dujin décédé le 2 mars 2010.
Merci pour tout ce qu'il a fait dans le domaine de la maquette en résine, ces maquettes n'auraient surement pas sorties dans d'autres marques. Repose en paix Jean-Pierre, nous penserons toujours à toi. Je tiens aussi à remercier André Roy qui m'a autorisé à mettre cette photo sur le blog.
                Historique:  L'une des dates les plus marquantes de l'histoire de l'aéronautique française au lendemain de la guerre fut le premier vol du SO-6000, qui décolla le 11 novembre 1946, piloté par Rastel. Le premier avion à réaction français avait été conçu par Servanty autour du réacteur Rateau de 2t de poussée, mais, ce propulseur n'étant pas disponible, il avait été équipé d'un Jumo 004 allemand récopéré de 9000 kgp seulement. Les pilotes français avaient pu, auparavant, se faire la main sur trois Messerschmitt Me-262 équipés des mêmes moteurs et qui, remis en état par la S.N.C.A.S.O., avaient été longuement testés au CEV.
                Baptisé "Triton", le SO-6000 bénéficia de l'expérience acquise avec les Me-262, mais la puissance de son réacteur limita sérieusement les performances du premier prototype, dont les essais, menés par Rastel et Guignard, furent très laborieux. Egalement doté du moteur Jumo, le deuxième prototype ne vola pas, car il fut relayé par le SO-6000.04 équipé , lui, du Rolls-Royce Nene de 2,2 t de poussée, qui en améliorait nettement les performances.
Source: Science et Vie
Source: Science et Vie
                L'appareil décolla le 11 mars 1948, avec aux commandes Rastel, accompagné de l'ingénieur Pérard. En septembre 1948, après un accident de réacteur qui l'obligea à se poser train rentré, l'avion reprit ses essais de performances et atteingnit 920 km/h, puis il fut remis au CEV, dont les pilotes, notamment le capitaine Receveau, le testèrent jusqu'au mois de juillet 1950.
                L'un des principaux problèmes rencontrés au cours des essais avait été celui de l'évacuation en vol de l'équipage (le premier prototype étant muni de portes latérales, ses occupants pouvaient heurter l'empennage en sautant).
                Le SO-6000, qui avait été retenu par l'armée de l'Air comme appareil d'entraînement fut alors modifié à la demande du Service technique. La partie avant des prototypes 03 et 05 fut redessinée pour recevoir deux sièges éjectables (type Heinkel); la prise d'air frontale de l'appareil fut supprimée, tandis que les prises d'air latérales (montées sur le 04 lors de l'installation du réacteur Nene) étaient agrandies.
Source: Science et Vie
                Premier appareil ainsi modifié, le SO-6000.05 décolla le 23 avril 1949 aux mains de Rastel. Les essais furent interrompus par un incident de vol qui obligea le pilote à poser l'appareil en campagne, près de Briare.
                La cellule étant trop endommagée pour être réparée, c'est le SO-6000.03 qui prit la relève en mai 1950, après avoir subi les mêmes modifications. Mais, la politique de l'armée de l'Air ayant évolué, la série du Triton ne fut pas lancée, et l'appareil resta au stade expérimental. Il avait toutefois permis de défricher le terrain pour les futurs prototypes français.
Source: Mach 1 
Caractéristiques: Avec un turboréacteurs Rolls-Royce Nene
                           Envergure 9m16.
                           Longueur 10m48.
                           Hauteur 3m12.
                           Surface alaire 14m2.
                           Vitesse maximale à 10 000 m 900 km/h.
                           Plafond 12 000 m.
                La maquette:  Il s'agit d'une maquette en résine. La quantité de travail nécessaire à la réalisation du modèle sera importante, d'autant plus que certaines pièces se sont déformées sous l'action du temps. C'est pourquoi la première étape a consisté à placer au-dessus d'un bain de vapeur les pièces tordues pour les ramollirs et à les laisser sous presse pendant plusieurs heures.
                Ensuite les ailes, la dérive, les ailerons et les deux demi-coques ont été mastiqués (au sintofer ou à la cyano), poncés et regravés. Les entrées d'air ont été creusées avec une fraise de dentiste pour plus de réalisme.
                Des ergots de centrage ont été confectionnés avec des segments de trombone et serti dans une des deux demi-coques du fuselage tandis que sur l'autre, des trous ont été percés en vis à vis de chaque ergots.
                Les logements du train principal ont été fraisé pour leur donner plus de profondeur. Le logement du train avant a été refait avec de la carte plastique.
                Le cockpit (sièges, planche de bord, manches à balai, manche à air allant au réacteur) a été réalisé entièrement en scratch à partir de documents photographiques.
                La verrière a été thermoformée après avoir réalisé une matrice de l'originale avec une pâte siliconée.
                Le tube de pitot, les différentes antennes et sondes ainsi que les vérins de rétraction du train ont été confectionnés en scratch avec des entourages de set de photodécoupe et des micro tubes.
                Les trains d'atterrissages ont été également réalisés en scratch à partir de micro tubes et de profilés tubulaires plastiques.  
                La mise en peinture:  D'abord les bandes tricolores ont été peintes tout de suite sur la dérive avec de la peinture glycérique, ceci dans le but de ne plus avoir à manipuler le modèle une fois sa livrée aluminium appliquée.
                Après masquage des bandes tricoles de la dérive, des parties vitrées de la verrière et obturation avec du papier mâché des ouvertures, plusieurs fine couches de peinture ALCLAD II ont été appliquées.
                Les autres parties constituant le modèle ont été peintes d'après l'observation de photographies de l'exemplaire n°5 du Triton exposé au Musée de l'Air et de l'Espace du Bourget.
                La décoration:  Les codes d'identification et les autres marquages du Triton n°4 ont été réalisés avec des transferts à sec Mécanorma. Seul l'emblème de la S.N.C.A.S.O. est un décalcomanie classique. 
                Ce modèle original représente un avion qui fut une réussite non pas tant par ses performances au demeurant très moyennes, mais parce qu'il témoigne de la volonté de redonné à la France à une époque où celle-ci est exsangue économiquement une industrie aéronautique de pointe. Alors si le coeur vous en dit ...
                                                            Emmanuel/Malafon 















1 commentaire:

  1. Jean Marie bonjour.

    Jean-Pierre était un ami et je te remercie de lui rendre cet hommage par le biais de cette photo que j'ai eu le bonheur de prendre lors d'une expo que j'avais organisée et à la quelle il m'avait fait l'immense joie de venir avec ses merveilleuses réalistions de l'époque mais aussi avec sa fidèle Jacqueline. Autant les uns que les autres, ne ne pensions pas que ...

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